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Les Medefs français et allemand accordent leurs violons
Le réchauffement franco-allemand, symbolisé il y a une dizaine de jours par la venue d'une partie du gouvernement allemand à Paris pour le conseil économique et financier, se poursuit.
Hier, le patron du Medef Pierre Gattaz et son homologue allemand de la BDI (fédération de l'industrie), Ulrich Grillo, se sont de nouveau rencontrés à Paris afin de faire entendre leurs voix auprès de Merkel et Hollande, avant le conseil franco-allemand qui aura lieu le 19 février prochain.
Les deux responsables s'étaient déjà retrouvés en juillet dernier pour mettre en place un "comité de pilotage" à deux voix. Le but de ce groupe de travail, instauré juste après l'élection de Pierre Gattaz, était d'obtenir "des autorités politiques des deux côtés du Rhin les décisions nécessaires à la croissance de l'emploi", avait alors déclaré le patron français. Les deux organisations comptent surtout accorder leurs violons pour défendre une position commune et plus efficace auprès de Bruxelles et de leurs gouvernements respectifs.
Première revendication défendue par Gattaz et Grillo: l'instauration d'un véritable pacte industriel et technologique pour l'Europe, comprenant surtout "un agenda pour la compétitivité". Les deux patrons se sont en effet dits inquiets de la chute de la part de l'industrie européenne au niveau mondial, qui est passée de 25,7% en 2000 à 20,8% en 2012.
Autre position commune: l'instauration d'un gouvernement de la zone euro, afin d'assurer une meilleure intégration des politiques économiques et un environnement politique unifié, plus favorable aux entreprises. Alors que Schäuble et Moscovici s'étaient prononcés en faveur de la TTF lors de la clôture du conseil économique et financier et avaient annoncé la rédaction d'une lettre d'intention commune pour partager leur engagement, côté patronat, l'opposition reste de mise. Pierre Gattaz et Ulrich Grillo estiment qu'une telle taxe constitue une menace pour les services financiers et le financement des entreprises. Un temps rejeté par Angela Merkel, le sujet semble cette fois-ci revenu dans les bonnes grâces de la chancelière, avec l'entrée au gouvernement du SPD. La TTF devrait être l'un des principaux sujets de débat du conseil le 19 février prochain.
Lors de la clôture du conseil économique et financier le 28 janvier, le ministre de l'Economie allemand Sigmar Gabriel avait également évoqué la mise en place d'une entreprise commune dans le domaine de l'énergie, sur le modèle d'EADS: "notre première proposition serait la mise en place de deux agences spécialisées dans l'énergie afin de développer des filiales dans l'extension de réseaux électriques intelligents, de mieux développer l'énergie calorifique, l'éolien offshore...", avait alors déclaré le ministre allemand. Les patrons semblent moins emballés par cette proposition de créer un champion franco-allemand de l'énergie : "a-t-on besoin d'une entreprises transfrontalière sur le modèle d'EADS?" a demandé Ulrich Grillo. "Il faut en discuter mais il existe beaucoup d'autres possibilités qu'il faut examiner". Il est vrai que la politique énergétique entre les deux pays sera sans doute plus difficile à accorder puisque l'Allemagne a fait le choix de sortir du nucléaire.
Sur le thème du rapprochement fiscal en revanche, Grillo et Gattaz sont unanimes: avec 116 milliards d'euros de différence fiscale entre la France et l'Allemagne, il est urgent de mettre en place une politique fiscale commune. D'ici 2020, ont-ils exigé!
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