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Pas d'emballement inflationniste en Grande Bretagne

Le niveau de l’inflation en janvier était très attendu tant il devrait conditionner les choix de la Banque centrale d’Angleterre. L’évolution des prix reste en-dessous de son objectif de 2% mais pour combien de temps ? L’économie britannique n’a pas connu de surchauffe inflationniste en janvier.
Londres - Angleterre - Royaume-Uni
Londres - Angleterre - Royaume-Uni

L’indice des prix à la consommation a progressé de 1,8% en rythme annuel alors que le consensus tablait sur une hausse de 1,9%. Pour autant, rien ne change quant aux perspectives sur le semestre : “Une remontée régulière de l’inflation devrait se faire tout au long du premier semestre, commente à WanSquare, Patrice Gautry, chef économiste au sein de l’Union bancaire privée. Elle ne s'arrêtera pas à 2% et devrait même être comprise entre 2,5 et 3%.” Une vision partagée avec Anton Brender, chef économiste chez Candriam pour qui “la remontée de l’inflation va se produire d’une façon ou d’une autre. En raison du rebond du prix de l’énergie et aussi de la dépréciation récente de la livre qui conduit à une hausse des prix des produits importés.” D’ailleurs, “l'un des faits marquants concerne les prix des matières premières qui ont augmenté de 2,8 % à 3,5 % et dépassent les attentes”, souligne pour sa part Daniel Morris, stratégiste chez BNP Paribas IP. Mais cela ne devrait pas entraîner de changement majeur dans la politique monétaire de la Banque d’Angleterre. “La BOE cherche à éviter le développement d’une inflation domestique et peut être aussi une trop forte dépréciation de la livre sterling. Pour le moment, la monnaie britannique est stabilisée et l’inflation a des causes largement externes,” rappelle Anton Brender.

Bref, l’indice des prix de janvier vient donc conforter la position attentiste de la Banque d’Angleterre qui a maintenu inchangé sa politique monétaire accommodante le mois dernier. “Le débat au sein de la BOE a changé d'orientation, relève Patrice Gautry. Avant, la priorité était d’assouplir la politique monétaire, maintenant il s’agit d’opter pour une politique beaucoup plus neutre.” Cependant, cette neutralité ne doit pas être comprise comme un statu quo autour de ce qui a été dernièrement décidé. “Il est fort possible que le prochain changement soit même une hausse de taux, reconnaît le chef économiste chez UBP. L’objectif d’inflation devrait être largement dépassé au cours du premier semestre. Pour une banque centrale c’est acceptable temporairement. En revanche, si l’inflation liée aux importations se transmet à des activités domestiques, à ce moment-là, la BOE pourrait être obligée de resserrer sa politique monétaire.” Ce n’est pas l’avis de Daniel Morris : “les anticipations du marché d'une hausse des taux d'intérêt ont diminué et nous nous attendons à ce que la Banque d'Angleterre s’en tienne à son point de vue selon lequel les pressions inflationnistes ne dureront pas et qu’une hausse des taux directeurs n'est pas justifiée.”

Les Britanniques vont être les grands perdants. La hausse des prix est inévitable, elle a commencé et va continuer donc. Or, le marché de l'emploi reste tendu et les hausses de salaires ne vont pas être au rendez-vous pour compenser la perte de pouvoir d’achat. Une situation qu’ils ont bien compris. “Il va y avoir de mauvaises surprises en ce qui concerne les ventes de détails, anticipe Patrice Gautry. Les anglais ont réalisé des achats par anticipation de la hausse des prix.” Ce qui peut expliquer que l’activité domestique se soit relativement bien tenue et participe elles aussi de la hausse des prix, mais l’effet sera temporaire. Rapidement, les ventes vont chuter, les Britanniques ayant moins d’argent à dépenser. La publication dans quelques jours des ventes de détail sera éclairante sur l’ampleur de leur comportement alors que le principe du Brexit s’apprête à être officiellement activé. En attendant, comme le résume BNP Paribas IP : “L'inflation augmente non pas parce que la croissance économique est trop forte, mais en raison de la chute du sterling et de la hausse des prix du pétrole.”

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