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Game over pour les éditeurs de jeux vidéos

A l'instar de ses concurrents mondiaux, Ubisoft a revu à la baisse ses résultats annuels. Au-delà d'une conjoncture décevante, le business model doit évoluer.
Après une année difficile, Avatar n'aura finalement pas été le grand salut d'Ubisoft pendant les fêtes. L'éditeur de jeux vidéos a lancé un profit warning hier après la fermeture des marchés, et revu à la baisse ses résultats annuels. Il table sur un chiffre d'affaires 2009-2010 de 860 millions d'euros, contre 1,04 milliard précédemment, et surtout sur une perte opérationnelle courante de 50 millions d'euros, alors qu'il prévoyait un résultat positif de 70 millions. C'est une véritable douche froide ressentie par la plupart des acteurs mondiaux des jeux vidéos, sauf Activision (groupe Vivendi) puisque l'américain Electronic Arts et le japonais Capcom ont aussi dû revoir leurs ambitions à la baisse. Pour Ubisoft, la mauvaise surprise est venue du jeu Avatar, dont les ventes ont été très décevantes: 2,5 milions d'unités vendues, contre 3,5 à 4 millions anticipées, un revers inattendu. Certes les spécialistes avaient été critiques sur le jeu, mais Ubisoft a attribué ces chiffres à un mauvais timing: le jeu a été lancé peu de temps avant Noël, ce qui n'a pas laissé assez de temps pour créer le buzz. Il semble aussi que les équipes, étroitement surveillées par James Cameron lors du développement, ont eu peu de marges de manoeuvre et se sont retrouvées prisonnières d'un produit déjà trop marketé. L'évolution du marché des jeux vidéos est sensible: le segment "casual" des joueurs épisodiques, sur lequel comptait les éditeurs, est en perte de vitesse, avec des revenus en baisse de 50 % sur un an chez Ubisoft. Cela signifie que, contrairement à ce que l'on a pu croire, le temps n'est pas encore venu de jouer à la Wii en famille. Les jeux vidéos semblent réservés à un cercle de consommateurs quotidiens, un public d'avertis toujours plus exigeants sur la technologie des nouveaux opus. Pour ces raisons, Ubisoft et ses confrères doivent investir dans les licences et développer des marques fortes, vendeuses. C'est seulement en se positionnant sur des produits notoires et de grande qualité que les acteurs pourront justifier les tarifs toujours plus exorbitants des jeux. Ubisoft l'a bien compris, et veut miser sur les jeux massivement multi-joueurs, pour lesquels il est possible de commercialiser de nouvelles applications, des objets ...etc. Enfin, le gros handicap de cette industrie reste la masse opaque des téléchargements illégaux qui, comme pour les films ou la musique, fait officieusement perdre beaucoup d'argent au secteur.
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