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Brexit : le gouvernement May dans l'impasse sur l'union douanière
La réunion du "Brexit cabinet" (les 11 ministres du gouvernement plus spécialement chargés de plancher sur la sortie de l'UE), qui se tenait hier au 10 Downing Street pour tenter de trouver une solution concernant la frontière irlandaise et l'union douanière, a conduit à l'impasse. Aucune des deux solutions proposées, celle défendue par la Première Ministre -à savoir un partenariat douanier renforcé, via lequel la Grande-Bretagne récolterait les taxes pour le compte de l'UE et celle défendue par les ministres Pro Brexit, de faciliter au maximum les échanges commerciaux ("maximum facilitation")- n'a pas obtenu de voix suffisantes pour passer. Six ministres "brexiter" sur 11 se sont opposés à la solution de la Première Ministre, la mettant en minorité et donc en difficulté au sein de son propre gouvernement.
Theresa May n'a plus qu'une semaine pour tenter de trouver une nouvelle option, et la presse britannique évoque déjà la possibilité de son renversement par les ministres les plus opposés à un compromis sur l'union douanière. Selon le Guardian, Downing Street pourrait tenter de convaincre le ministre de la Défense, Gavin Williams, de soutenir le projet de Theresa May, afin de faire passer le compromis à une courte majorité. La semaine qui vient devrait donc donner lieu à d'importantes tractations politiques, afin que l'un des deux camps l'emporte, et qu'une solution concernant l'union douanière soit présentée à Bruxelles avant le Conseil de juin sur le sujet. Dans le camp de Theresa May pour le moment, figurent notamment le chancelier de l'échiquier Philip Hammond et le secrétaire d'Etat au commerce Greg Clark, tandis que le nouveau ministre de l'Intérieur Sajid Javid, nommé lundi dernier suite à la démission d'Amber Rudd, et le ministre des affaires étrangères Boris Johnson, font partie des Hard Brexiters, estimant que seule une sortie de l'union douanière permettra à leur pays de négocier de nouveaux traités commerciaux.
Mais alors que le sujet de l'union douanière agite toute la classe politique britannique (rappelons qu'une majorité de MP souhaite rester dans l'union douanière), quelles sont les options que l'UE a, de son côté, avancé ? Si les propositions de la Commission en sont encore au stade d'ébauche, puisque les négociations commerciales avec le Royaume-Uni n'ont pas encore officiellement commencé, le Parlement européen a quant à lui proposé le 14 mars dernier une résolution pour définir les futures relations entre le Vieux Continent et les Britanniques. Les députés se sont ainsi prononcés pour un "accord d'association" avec notamment un volet commercial définissant un "accord de libre échange", comprenant une réduction des tarifs douaniers sur les marchandises. « On a proposé cet accord d’association pour éviter de multiplier les traités sans consistance ni gouvernance » a expliqué Guy Verhofstadt (ADLE, libéraux), négociateur en chef du Parlement pour le Brexit. Le négociateur en chef du Brexit, Michel Barnier, n'a pour sa part cessé de répéter que la Grande-Bretagne ne pourrait à la fois sortir de l'union douanière et conserver des avantages tarifaires pour certains secteurs, tel que le réclame la Première Ministre avec sa proposition de partenariat renforcé. « On ne peut être dans et hors de l’Union, » a déclaré Michel Barnier, mi-mars lors du débat au Parlement européen. « Les pays tiers ne peuvent pas bénéficier des mêmes droits que les pays membres de l’Union européenne. »
Le sujet est d'autant plus compliqué que la question de la frontière irlandaise vient s'ajouter au débat et qu'aucune solution plausible n'a pour l'instant émergé côté britannique. On comprend pourquoi dans ce contexte, l'idée de rallonger la période de transition de deux ou trois ans commence à émerger dans la classe politique britannique. Selon la presse du pays, plusieurs ministres ont évoqué cette possibilité hier, suite à l'échec de la réunion, afin de permettre au pays de mettre en place les nouvelles règles commerciales qui émergeront des discussions... Même si le secrétaire d'Etat au Brexit, David Davis, a affirmé le contraire hier devant la Chambre des communes britannique, déclarant que le pays sortirait "à 100% de l'union douanière à la fin de la période de transition, en décembre 2020." Une divergence de communication qui donne une petite idée du désordre politique actuel causé par le Brexit, en Grande-Bretagne.
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