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Le soleil brille toujours à l'Est

Malgré le chaos vécu actuellement par le Japon, les entreprises occidentales n'ont pas renoncé à leurs projets d'IPO en Asie. Preuve qu'il s'agit bien d'une lame de fond.
Après avoir bien plus mal réagi que les japonais en cédant à la panique et en enregistrant plusieurs séances de plongeon, les marchés financiers sont peu à peu en train de recouvrer leurs esprits. Certes, nul ne peut savoir dès aujourd'hui quelles conséquences ce désastre naturel aura sur les économies nationales et sur l'activité des entreprises. Mais celles-ci semblent persuadées d'une chose : que cela ne remettra pas en cause des projets d'IPO mûrement réfléchis. Areva l'a montré en premier lieu, et n'a pas renoncé à son projet d'introduction sur Euronext d'ici à fin 30 juin, alors que le débat sur l'avenir du nucléaire a été rouvert avec l'accident de la centrale de Fukushima. C'est bien la preuve de sa ténacité. Il faut cependant tenir compte du fait que le groupe d'Anne Lauvergeon se doit de respecter le calendrier fixé avec le fonds du Koweït. Et il ne va pas lever d'argent puisqu'il ne fait que convertir ses certificats d'investissement en actions. Autre marque de volontarisme des entreprises en ce moment: persister dans un projet d'IPO en Asie. Alors que nombre d'analystes soulignent que le drame japonais risque de pénaliser le secteur du luxe, Prada vient de publier un résultat net plus que doublé en 2010, et maintient son projet de cotation à Hong Kong, probablement en juillet prochain. La maison italienne, qui est portée aux nues par nombre de consommatrices asiatiques, devrait connaître le même succès que le français L'Occitane en mai 2010, et y être valorisée au moins 6 milliards d'euros. Le fabricant de valises Samsonite réfléchirait également à tirer parti de sa forte notoriété sur le continent pour se lancer dans l'aventure IPO à Hong Kong cette année. Les investisseurs sont en revanche plus circonspects sur une possible introduction de la chaîne de salles de sport Fitness First à la bourse de Singapour, car la société ne semble pas avoir atteint le degré de réputation suffisant en Asie pour susciter l'appétit des investisseurs de la région. Autre corporate de poids qui va se présenter aux investisseurs à Hong Kong, dans un tout autre secteur: le suisse Glencore, qui devrait ensuite entrer en bourse à Londres. Loin d'être refroidi par le contexte actuel, le leader mondial du négoce en matières premières profite à plein de l'explosion des prix. Il rencontre actuellement des analystes, et déposera son projet aux autorités boursières dans quelques jours. L'enjeu est de taille: il pourrait lever 10 milliards de dollars et être valorisé 60 milliards, soit la plus grosse IPO de l'histoire pour une société européenne, depuis l'introduction d'Enel en 1999! Cet attrait intact pour le marché asiatique, alors qu'une partie du Japon est encore sous les décombres, montre bien que le marché des IPO en Asie est un mouvement de fond, qui va continuellement gagner de ampleur. En 2011, Ernst & Young prévoit que plus de 50 milliards de dollars seront levés à la bourse de Hong Kong, dont de plus en plus d'étrangers. En attendant que ceux-ci aient un jour accès aux deux plus grosses bourses mondiales, Shanghaï et Shenzen.
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