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Havas : tout l'enjeu des bons

Depuis que Havas a annoncé son intention de lancer une offre publique de rachat sur 12 % de ses titres, la place de Paris recherche des bons Havas émis en 2006, qui arrivent à échéance en 2013.
WanSquare a dit, dans ces colonnes, tout le bien qu'il fallait penser du projet d'offre publique de rachat d'actions déposé par Havas sur environ 51 millions de ses propres titres. Une opération qui mobiliserait 253 millions d'euros, aurait le mérite de révéler au grand jour la valorisation réelle du groupe (4,90 euros par action, dividende détaché) et de renforcer la part du principal actionnaire, le groupe Bolloré, qui détiendrait plus de 37 % du capital avec l'accord de l'AMF. A coté de ce projet, le groupe Havas entend procéder de la même manière à l'égard des 36 millions de bons de souscription émis en 2006 au profit des 350 principaux cadres du groupe et qui sont encore en circulation. Ces bons seraient rachetés sur la base de 0,40 euro par titre, alors qu'ils ont été émis à 0,34 euro. Ils donnent la possibilité d'être exercés à 4,30 euros d'ici à début décembre 2013. C'est dire s'ils sont loin d'avoir livré tout leur potentiel. Le groupe Havas se propose de les racheter en indiquant, dans son document de référence, qu'il offre ainsi de la liquidité à des titres qui s'échangent de manière très irrégulière sur le marché (50 jours de cotation sur les 6 derniers mois) et dans des volumes de transactions réduits. Il reste qu'en l'espace d'un mois, le cours de ce bon a gagné 150 %. Et tous les courtiers de la place de Paris en recherchent. Surtout depuis qu'un étrange hedge fund a déclaré détenir 16,58 % du capital de Havas. Soit l'équivalent de la moitié de la participation de Bolloré ! Tout l'enjeu pour Havas, pour Bolloré - qui est à la manoeuvre - et pour ce fonds dont on ignore les intentions, est de mettre la main sur le maximum de ces bons qui constituent un facteur de dilution potentielle très important. Puisque dans dix-huit mois, leurs détenteurs peuvent se retrouver avec 8,3 % du capital. Le problème, c'est que le prix proposé dans le cadre de l'OPA simplifiée, et qui a été fixé par un expert indépendant, ne semble pas de nature à attirer les porteurs de bons, qui peuvent espérer réaliser une très belle plus-value en attendant quelques mois de plus et en les exerçant au gré des évènements. Dommage pour une offre qui ne mobilise que 15 millions d'euros !
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