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Pourquoi la Chine domine les introductions en bourse

Voilà une question qui aurait bien mérité un débat lors des deux journées de rencontres d'Europlace qui se tiennent jusqu'à ce soir.
Selon une étude réalisée par Ernst & Young, les entreprises de la région Asie-Pacifique ont procédé à des introductions en bourse, au cours du premier semestre, pour un montant de 61,1milliards de dollars, représentant 60 % de l'ensemble des fonds levés par IPO au cours des six premiers mois de l'année. Sur ce total la Chine et Hong Kong comptent pour 36 milliards de dollars, avec notamment trois des dix plus grosses opérations. Et ces chiffres n'incluent pas, bien sûr, ceux de la gigantesque introduction en bourse qui s'est déroulée hier de l'Agricultural Bank of China. Ajoutons enfin à ce bilan que les bourses de Shanghaï et de Shenzhen, que l'on dit être en perdition, vont accueillir au total cette année pas moins de 300 sociétés nouvelles. Voilà un sujet qui aurait mérité une belle conférence lors des deux journées annuelles d'entretiens d'Europlace qui se tiennent actuellement au Pavillon d'Armenonville et qui rassemblent la fine fleur de la haute finance française. Car l'ambition d'Europlace était jusqu'il y a peu de temps de convaincre les sociétés orientales de venir se faire coter sur Euronext. Or, c'est l'inverse qui s'est passé, on a vu l'Occitane aller chercher des capitaux frais à Hong Kong. AIG va faire sa méga-augmentation de capital en Chine. Et petit à petit les sociétés occidentales ne vont plus seulement dans l'Empire du milieu pour y chercher des marchés, mais bien de l'argent. Qu'est ce que cela signifie ? Primo, très prosaïquement, que lorsque l'on a besoin d'argent, on va le chercher là où il est. Le taux d'épargne en Chine est proche de 40 %. Il existe un véritable appétit pour la bourse. Et dans cette chasse mondiale à la cotation des plus belles entreprises mondiales, les fonds souverains chinois, sont prêts, s'il le faut, à donner un coup de main aux bourses locales. Secundo, une cotation en bourse, ce n'est pas qu'une opération financière. C'est une opération de notoriété, dans une zone géographique qu'un chef d'entreprise juge stratégique. C'est une autre manière de conquérir un territoire, à condition que celui-ci bénéficie d'un climat "business friendly". Or toutes les entreprises occidentales qui se déplacent en Chine sont impressionnées du tapis rouge qu'on leur déploie pour une introduction en bourse, alors qu'en France, au nom d'un principe de précaution, on préfère dérouler des barbelés autour du Palais Brongniart. Tertio, il existe en Chine une vraie culture de l'investissement à long terme, notion qui a totalement échappé aux occidentaux, et dont les chefs d'entreprise ont besoin. Se faire coter en Chine, c'est être quasi-certain de bénéficier d'un regard accomodant, non pas sur six mois, mais sur dix ans. Le temps appartient aux émetteurs et pas aux investisseurs. Ce qui n'a pas de prix.
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