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Carrefour-Dia : tout ça pour ça !

Les actions Dia distribuées aux actionnaires de Carrefour se sont inscrites en baisse, au premier jour de cotation.
Prenez un gâteau. Partagez-le en douze parts au lieu de dix parts. Les parts seront plus petites, plus nombreuses aussi. Mais la taille du gâteau restera la même. C'est ce qui se passe avec Carrefour, qui distribue depuis ce matin à ses actionnaires des actions de la filiale Dia, cotées à la bourse de Madrid. L'action Carrefour à 24,28 euros, plus l'action Dia à 3,4 euros, représentent un capital de 27,78 euros, presque équivalent au dernier cours coté hier soir. Il faut rajouter le montant du dividende, détaché aujourd'hui aussi, et qui s'élève à 1,08 euro, pour faire croire aux actionnaires que cette scission est une bonne chose pour eux. C'est oublier que demain, il n'y aura pas de nouveau détachement de coupon. Le porteur de titres Carrefour ne pourra plus faire que la somme de la valeur de ses actions et titres Dia. Et il constatera de lui-même que la taille du gâteau n'a pas augmenté. Bien sûr, il existe des cas où les scissions sont bénéfiques. Car elles répondent à des logiques industrielles. On l'a vu avec Accor et Edenred. L'activité tickets restaurants se porte naturellement beaucoup mieux maintenant que son cash flow n'est plus pompé pour entretenir des hôtels, mais utilisé pour faire de la croissance dans les pays émergents. Idem pour Arkema que Total a accompagné dans le grand bain de la bourse, avec toutes les précautions nécessaires pour un groupe exerçant son activité dans la chimie. Non seulement la cotation de Dia ne s'inscrit dans aucun de ces deux cas de figure, mais en plus elle a été précédée par un transfert d'un bon paquet de liquidités du bilan de l'épicier espagnol vers celui de Carrefour. Si bien que l'entreprise se retrouve à la fois asséchée et dépourvue des synergies d'achats dont elle pouvait jusqu'ici profiter. On comprend, dans ces conditions, que la cotation de Dia se soit faite sans enthousiasme, et que beaucoup de ses nouveaux actionnaires aient vendu leurs titres en espérant récupérer un peu de cash avant un été boursier orageux. Quitte à rendre la vie impossible à Jean-Charles Naouri, en essayant de jouer au coucou dans son nid brésilien, Colony Capital et Groupe Arnault auraient mieux fait de prendre une participation dans Casino, au moment où ils sont devenus actionnaires de Carrefour. Ils disposeraient aujourd'hui d'une plus-value, au lieu d'afficher chacun près d'un milliard d'euros de moins-value latente.
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