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Sur les marchés

Brexit : les marchés naviguent à vue

Les indices boursiers européens, américains et asiatiques sont sans véritable direction depuis le 23 juin, même si le pessimisme le plus noir n'est plus de mise aujourd'hui. Du coup, les annonces de résultats ou d'opérations financières devraient être les éléments directeurs de ces prochaines semaines.
Bourse de Paris - Palais Brongniart
Bourse de Paris - Palais Brongniart

Chamboulés les marchés financiers ? Il est clair que depuis le vote du Brexit, le 23 juin dernier, pas un financier ne sait à quel saint se vouer. Les incertitudes sont tout aussi politiques qu’économiques et financières. Aussi "l’accélération du calendrier politique du côté britannique ne signifie pas l’accélération dans la réalisation concrète du Brexit. Tant que le gouvernement n’aura pas déposé la lettre de sortie de l’UE, le délai de 2 ans prévu par l’article 50 du traité de l’UE ne commencera pas à courir… Et la négociation peut déboucher sur des statuts très différents pour le Royaume-Uni, en termes d’ouverture commerciale, d’accès plus ou moins aisé au marché unique, etc" soulignait ce matin Christian de Boissieu, vice-président du Cercle des Economistes, analysant assez bien la situation. "On se doute bien que les Britanniques vont essayer de conserver les avantages du marché unique tout en contestant l’une de ses composantes : la libre circulation des personnes. Mais l’UE devra faire le tri entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Quant à estimer dès aujourd’hui les conséquences du Brexit pour la croissance de la Grande-Bretagne et celle du reste du monde, cela n’a pas grand sens tant que l’on ne connaît pas l’issue de ces négociations !" continue-t-il.

Pendant ce temps, les places financières jouent au yoyo sans toutefois sombrer dans un pessimisme aveuglant. Comme en témoigne l’évolution récente des indices boursiers européens, mais aussi nord-américains et asiatiques. A Paris, le CAC 40 a repassé la barre des 4.300 points et affiche une hausse hebdomadaire de 2,5%. Les investisseurs semblent privilégier le court terme en se focalisant sur des annonces de résultats ou d’opérations. Ce lundi, l’annonce de l’OPA géante du japonais Softbank sur le concepteur de puces britannique, ARM Holdings pour la bagatelle de 24 milliards de livres (30 milliards d’euros) a dynamisé les valeurs technologiques. La semaine passée, c’étaient les valeurs bancaires qui étaient mises à l’index compte tenu de la poursuite de l’incroyable recul des taux d’intérêt. De fait, aucunes perspectives concrètes ne peuvent être formulées. Du coup, les professionnels naviguent à vue et mettent à profit toute nouvelle information pour arbitrer leurs positions.

Cette nouvelle OPA en pleine période estivale envoie, certes, un signe positif et ce, d’autant plus que la cible est britannique et que les modalités du deal prévoient de maintenir le siège en Grande-Bretagne tout comme les effectifs locaux. L’opération devait être en préparation de longue date et l’annonce du Brexit n’a, manifestement, pas remis en question le projet. Au-delà de ces considérations, les investisseurs se trouvent toutefois dans une situation pour le moins inconfortable : devant les tergiversations des différentes personnalités politiques britanniques mais aussi européennes, aucun calendrier ne peut être élaboré sur les prochaines échéances majeures à attendre. Ce qui augure d’ores et déjà un été très instable sur les marchés financiers. Comme d’habitude, finalement, puisque le mois d’août est traditionnellement l’occasion pour les indices de connaître quelques trous d’air.

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