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Crédit bancaire: les PME françaises plutôt bien loties en Europe
Enfin un indicateur pour lequel la France fait figure de pays "coeur" de l'Europe, au côté de l'Allemagne. Selon l'étude de Standard & Poor's sur la comparaison des conditions de financement en Europe, les deux pays ont enregistré une légère hausse du nombre de prêts aux petites et moyennes entreprises, tandis que ce chiffre continue à baisser dans les autres pays. Les pays les moins biens lotis ne sont pas ceux que l'on attendrait: la masse de crédit bancaire a le plus reculé au Portugal (-9%), mais aussi en Grande-Bretagne (-5,8%) et aux Pays-Bas (-4%) l'an passé, tandis que cette baisse a ralenti en Espagne et en Italie, où les taux d'intérêt reculent enfin.
En Allemagne, le marché du financement des PME est stable, selon l'agence de notation. Les entreprises locales enregistrent le meilleur taux de rendement sur les actifs, revenu au niveau d'avant-crise. Les taux de refus de crédit et les taux d'intérêt sont les plus bas en Europe mais l'activité est quand même restée stable l'an passé, en raison du taux d'endettement déjà élevé des PME. Ces dernières affichent ainsi un ratio de fonds propres de 22%, contre 45% pour la moyenne européenne.
Les PME françaises bénéficient également de rendements et de coûts de financement satisfaisants, et "les banques ne sont pas trop restrictives dans leurs prêts aux PME", aux dires de S&P, avec le deuxième taux de rejet le plus bas en Europe (9%, contre 12,9% un an plus tôt), derrière la Belgique. Les banques françaises ont également offert les taux moyens les plus bas en Europe en juillet 2014 (2,1%). Néanmoins, le retour sur actifs a baissé dans les grandes entreprises, ce qui risque d'impacter leurs plus petits homologues.
La situation s'est également améliorée en Grande-Bretagne, où les banques étaient le principal facteur de non-transmission des capitaux à l'économie réelle. Les entreprises sont peu endettées, ont des bons rendements et des taux d'intérêt bas mais le taux de refus des crédits était le deuxième d'Europe, à plus de 17% en 2012. L'an passé, il a reflué autour de 10%.
En Italie, le recul concerne aussi bien l'offre de crédit - les banques deviennent plus restrictives dans leurs conditions d'octroi aux PME avec un taux de rejet en hausse de 1,8 point à 18,6% -, que la demande, car les entreprises ont elles aussi moins recours aux prêts, et sont peu endettées. Une raison vient du coût de financement: en Italie comme en Espagne, le rendements sur les actifs reste inférieur au coût du financement bancaire, donc les entreprises sont moins enclines à financer leur BFR par le crédit. Le stock de crédit bancaire a même reculé en Espagne en 2014, ce qui devrait perdurer tant que celui-ci restera supérieur au rendement des actifs.
Enfin, les Pays-Bas souffrent principalement du plus haut taux de rejet en Europe: 38,7% en 2014, contre 22% un an plus tôt, et le double de la moyenne européenne selon les statistiques de la BCE! Un vrai problème lorsque l'on sait que le financement des entreprises non financières reste bancaire à 80%. Ce niveau est par ailleurs comparable en Italie et en Allemagne, mais bien inférieur en Grande-Bretagne et en France, où le marché obligataire est une alternative plus accessible.
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