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Espionnage industriel : la Chine dans la ligne de mire du FBI
Bien que les Etats-Unis se soient dotés dès 1996 d'un texte pour protéger le secret des affaires -le Cohen Act- le pays n'en n'est pas pour autant moins victime d’espionnage industriel. Et cette guerre économique insidieuse entre les entreprises de différents pays est encore plus prégnante quand l’Etat d’en face semble prompt à fermer les yeux sur les agissements de ses ouailles. C’est d’ailleurs pour cela que le FBI s’est permis jeudi de pointer du doigt explicitement la Chine, qui serait coupable du bond de 53% depuis l'an dernier des cas d’espionnage faisant l'objet d'une enquête. Les autorités ont également qualifié l’Empire du Milieu de « menace la plus importante » qui soit pour les entreprises US.
Depuis l’année dernière, le Bureau fédéral d'enquête a lancé une campagne pour répondre aux menaces grandissantes d’espionnage industriel. Les autorités ont montré à près de 1.300 reprises une vidéo à des entreprises pour les sensibiliser sur les risques encourus mais surtout sur les moyens employés par la concurrence pour obtenir des informations sensibles. Les agents, qui craignent que pour éviter les vagues les sociétés ne prennent pas contact avec eux en cas de doute, invitent les firmes à travailler de concert pour répondre à la menace.
Selon une étude du FBI menée sur 165 entreprises, 50% des répondants reconnaissent que des secrets industriels ou que des éléments relevant de la propriété intellectuelle ont pu être volés. Ils sont mêmes 95% à penser que la Chine est derrière tout ça. « Le gouvernement chinois joue un rôle significatif. Les règles du jeu sont faussées », a d’ailleurs déclaré Randall Coleman de la division de contre-espionnage du FBI.
Quelles sont les cibles des espions ? Toutes les entreprises, indifféremment de leur taille, sont concernées. Les personnes mal attentionnées cherchent à avoir accès à une variété d’informations technologiques. Ce qui inclut les télécommunications militaires, les technologies liées aux drones, aux véhicules hybrides, les logiciels de transactions financières ou encore les technologies liées aux semences. « Ce n’est pas le haut de gamme des avioniques pour les appareils militaires. Ce n’est pas le Joint Strike Fighter (programme de recherche aéronautique mené par le gouvernement US, NDLR). Ce sont toutes les choses du quotidien », a expliqué Dean Chappell, agent du FBI. L’agence chiffre à des centaines de milliards de dollars les pertes associées à la violation du secret des affaires.
En mai dernier, les Etats-Unis ont inculpé six Chinois, dont trois professeurs d'université en Chine, pour complot d’espionnage économique, vols de secrets commerciaux et violation des traités commerciaux au bénéfice d’universités et d’entreprises contrôlées par la Chine. Ils auraient dérobé des technologies d'Avago Technologies et de Skyworks Solutions, deux entreprises américaines de semi-conducteurs.
Des accusations rejetées par Pékin. « La législation chinoise interdit la cyber-criminalité sous toutes ses formes. La Chine a fait beaucoup d'efforts pour combattre la cyber-criminalité », a précisé la porte-parole de l’ambassade chinoise aux Etats-Unis, Zhu Haiquan.
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