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Les élections italiennes, prochain risque politique pour les marchés ?
Si le risque politique a été l'un des principaux drivers des marchés européens durant la première partie de l'an dernier, avec des élections à haut risque aux Pays-Bas et en France, les investisseurs ont visiblement mis cette thématique de côté depuis lors. Et ce, alors que l'Allemagne attend toujours la confirmation des adhérents du SPD pour pouvoir valider l'accord de coalition avec la CDU/CSU et que les Italiens se rendent aux urnes ce dimanche pour un scrutin qui risque de donner lieu à un Parlement sans majorité.
Malgré la nouvelle loi électorale italienne, en effet basée sur un mode de scrutin majoritaire corrigée par une dose de proportionnelle, et censée favoriser la formation de coalitions avant les élections, la plupart des analystes prédisent un Parlement divisé dimanche soir. Les derniers sondages (datant d'il y a une semaine) annonçaient en effet 37,3% pour la coalition de centre droit (formée par Forza Italia dirigé par Silvio Berlusconi, Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni et la Ligue du Nord de Matteo Salvini), suivie du Mouvement Cinq Etoiles dirigé par Luigi di Maio et crédité de 27,5% des voix, et une coalition de centre gauche (Democratic Parti de Matteo Renzi et Liberi u Ugali), qui obtiendrait 27,3% des voix. Si entre 33% et 38% des Italiens étaient encore indécis au moment des derniers sondages, il reste qu'il est peu probable qu'une des trois coalitions n'emporte la majorité.
L'option la plus inquiétante pour les marchés serait la victoire d'une coalition populiste et eurosceptique, même si cette thématique a été très peu abordée pendant la campagne, souligne Simon Derrick stratégiste chez BNY Mellon. "L"un des aspects les plus marquants de la campagne politique italienne est la très faible rhétorique anti-euro comparé aux dernières campagnes. Et c'est d'autant plus étonnant que les dernières enquêtes d'opinion soulignent qu'une petite majorité des Italiens dit ne pas avoir confiance dans l'UE", remarque le stratégiste. "Une coalition Ligue du Nord et Cinq Etoiles n'est pas exclue mais reste peu probable", souligne de son côté Paolo Pizzoli, analyste chez ING. Mais même s'ils ne parviennent pas à avoir assez de voix pour s'allier, le simple fait qu'ils essayent de former une coalition inquiéterait les marchés, qui y verraient la résurgence des mouvements populistes, poursuit Paolo Pizzoli.
Quoi qu'il en soit, la formation d'un nouveau gouvernement italien pourrait durer jusque l'été prochain, en fonction des tractations politiques entre partis et de leur volonté ou non de former des alliances supplémentaires. "Mais le gouvernement actuel de Gentiloni restera en place tant qu'une nouvelle formation ne sera pas plébiscitée, ce qui devrait être vu favorablement par les marchés financiers", poursuit l'analyste d'ING. Il reste qu'aucun des programme électoraux des différents partis n'est réalise, estime pour sa part Alan Lemangnen, analyste chez Natixis. L'équivalent de 200 milliards d'euros de promesses de réductions d'impôts et de hausses des aides ont été faites par les différents partis, sans mesures concrètes pour les financer, avertit l'analyste.
Les investisseurs et marchés sont-ils donc trop complaisants à l'égard du risque italien ? Pour l'instant, le taux italien s'est légèrement tendu par rapport au Bund, mais le mouvement concerne la plupart des taux souverains et n'est donc pas lié à la situation italienne. Le marché des obligations du pays pourrait donc connaître une période de plus grande volatilité, dans le courant des élections de dimanche, estime Paolo Pizzoli, le temps qu'une coalition soit formée. Ce qui pourrait prendre plus de temps que ce que les investisseurs n'anticipent...
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