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Les trois « mythes » des banques suisses
La Suisse pâtit-elle de préjugés qui ont la vie dure ? C’est en tout cas ce qu’a indiqué Claude-Alain Margelisch, directeur de l’Association suisse des banquiers (ASB). L’homme qui représente les établissements du pays neutre a souhaité tordre le cou aux trois « mythes » dont sont injustement targuées les firmes, selon lui. Non, les régulateurs ne font pas preuves de laxisme. Non, les banques ne financent pas le terrorisme. Et non, elles n’ont pas construit leur empire sur l’évasion fiscale. Si ces idées reçues sont effectivement répandues à des niveau plus ou moins fort, qu’en est-il vraiment en réalité ?
Cette réalité « se présente sous un autre jour », a rappelé Claude-Alain Margelisch. Tout d’abord, dire que les banques ne sont pas suffisamment surveillées est faux pour le dirigeant de l’ASB. La Suisse « a été le premier pays à prendre des mesures législatives », en 2013, pour éviter la faillite des banques dites « too big to fail ». Et d’ajouter que les établissements doivent répondre à des exigences de fonds propres plus sévères. Il est vrai que les autorités suisses se montrent particulièrement vigilantes sur le sujet et en octobre dernier, par exemple, la Suisse a renforcé ses exigences concernant la dotation en capital de ses grands établissements. Ainsi, les fonds propres réglementaires devront représenter d'ici 2019 au moins 5% du bilan non pondéré (leverage ratio, 3,1% lors de l’annonce) et 14,3% des actifs pondérés en fonction des risques pour UBS et Crédit Suisse.
Autre mythe pointé du doigt par Claude-Alain Margelisch : le manque d’entrain vis-à-vis de la lutte contre le blanchiment. « La Suisse lutte très activement contre la criminalité financière transfrontalière, notamment le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », le tout grâce à un arsenal législatif et réglementaire. Le directeur a également ajouté, dans le cadre d’une question, que pour ce qui était des comptes éventuellement bloqués en Suisse en lien avec le financement du terrorisme, les banques ne faisaient pas de statistiques et que la question dépendait des autorités judiciaires. Ce qui est certain sur ce sujet, c’est que les gendarmes veillent. Par exemple, le Conseil fédéral a adopté un rapport sur ce volet cet été. Selon ce document, le secteur bancaire et les services de crédit sont effectivement à risque concernant le financement du terrorisme, même si les montants seraient souvent faibles, et les banques privées de gestion de fortune et celles à caractère universel peuvent également être exposées aux risques de blanchiment d’argent. Le rapport conclut néanmoins que l’arsenal juridique suisse est efficace, même si les armes judiciaires pourraient être plus souvent utilisées.
Enfin, le directeur de l’ASB a expliqué que « ce n’est pas la gestion d’avoir non déclarés qui a fait la réussite de la place financière suisse ». « Les banques suisses incitent leurs clients à régulariser leur situation fiscale » et affirment « haut et fort leur volonté de ne gérer que des avoirs conformes fiscalement ». Ce qui n’est pas faux puisque les établissements essaient de se racheter une virginité : des comptes d’étrangers ont été régularisés, et certaines banques ont même fermé de nombreux comptes non déclarés. Ce qui a d'ailleurs suscité l’ire de certains étrangers lorsque cela a pu être fait sans préavis. En revanche, il s’agit bel et bien d’un réveil un peu brutal après des années de laxisme. Pour mémoire, la fin du secret bancaire suisse est prévue d'ici à 2018 avec l'entrée en vigueur de l'échange automatique de renseignements.
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