Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
Moody's pointe l'endettement excessif français
La zone euro devrait continuer à bénéficier du cycle de croissance économique entamé en 2013, confortant ainsi ses fondamentaux de crédit: telle est la conclusion d'une étude sur le sujet publiée aujourd'hui par Moody's. Selon l'agence de notation, le PIB de la zone devrait atteindre cette année 2% en moyenne, avant de ralentir aux alentours de 1,9% l'an prochain, soutenu par une demande intérieure supérieure à sa moyenne de long terme et une reprise accélérée de l'investissement des entreprises.
Autre point positif pour la zone euro: une amélioration du marché du travail, avec un taux de chômage de désormais 9% (soit une baisse de 0,5% en 2017), même si la situation varie beaucoup d'un pays à l'autre. Ainsi, si le taux de chômage allemand a atteint un plus bas de 3,4% en Allemagne, il reste à des niveaux record en Espagne, en Grèce ou en Italie. Sachant que la moitié des chômeurs de la zone euro font partie de la catégorie "longue durée", soit en recherche depuis plus d'un an, ce qui ternit un peu le tableau sur le front de l'emploi. "La persistance d'un niveau de chômage encore élevé demeure un challenge pour la productivité et la croissance potentielle de la zone : le fait que bon nombre de chômeurs soient sans activité entraîne en effet une érosion des compétences des travailleurs, ce qui rend plus difficile leur réintégration dans l'économie lorsque celle-ci se reprend", expliquent ainsi les auteurs de l'étude.
Les Etats ont pourtant mis en place des réformes structurelles importantes depuis la crise de la dette, poursuit Moody's, et notamment dans le domaine de l'emploi. Et de citer la Belgique, qui devrait instaurer une réforme fiscale pluriannuelle en 2018, afin de réduire le poids des charges sociales pour les entreprises. La France est également citée en exemple, avec sa réforme du marché du travail de septembre dernier, alors qu'elle devrait poursuivre en 2018 avec des mesures pour accroître sa compétitivité.
L'Hexagone est en revanche montré du doigt concernant l'évolution de son déficit et de sa dette publique. "La situation fiscale des Etats les plus endettés ne s'est pas améliorée", déplore ainsi l'agence, même si les gouvernements devraient continuer à jouir de taux encore au plus bas cette année. "Nous ne nous attendons pas à des changements importants concernant la situation budgétaire structurelle des Etats, avec l'Espagne, l'Italie et la France qui devraient être les trois pays au déficit le plus élevé de la zone en 2018 et 2019", estiment ainsi les analystes de l'agence.
Du point de vue de l'endettement public, la France ne figure pas non plus parmi les bons élèves. Certes, l'endettement global de la zone euro est encore élevé, à 90% du PIB, soit une réduction de 4% seulement depuis 2014. Mais certains pays se distinguent positivement comparé à l'Hexagone. Sans surprise, c'est dans les pays affichant déjà des finances publiques solides, tels que l'Allemagne et les Pays-Bas, que l'on observera les allègements de dette les plus importants cette année. Celles de ces deux pays devraient ainsi atteindre en 2018 un niveau de 10% inférieur au critère de Maastricht, située à 60% du PIB. Le Portugal, la Grèce et Chypre, qui ont été le plus pénalisés par la crise de la zone euro, devraient également connaître une forte baisse de leur niveau de dette cette année. En revanche, celui de la France, l'Italie et l'Espagne ne devrait quasiment pas baisser d'ici 2019 : Moody's estime ainsi que l'endettement public de l'Hexagone stagnera autour de 95% du PIB...
Les pays de la zone euro devraient néanmoins parvenir à gérer un resserrement monétaire et donc une remontée des taux plus rapide que prévu, estime Moody's, leur profil de dette étant relativement long. Ainsi, au 30 novembre 2017, la maturité moyenne de l'endettement français était de quasiment 8 ans (7 ans et 306 jours), selon le site de l'AFT. Une maturité de dette relativement longue donc et qui évitera que le coût de la dette ne soit trop pesant à court terme, en cas de remontée plus rapide des taux. Ce qui ne devrait pas pour autant décourager le gouvernement de diminuer le montant des dépenses publiques et l'endettement public français, parmi les plus élevés de la zone euro...
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

