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Conjoncture : comment la reprise de la consommation pourrait rebattre les cartes

La conjoncture et les craintes d’une récession mondiale ont occulté la bonne tenue de l’inflation sous-jacente en Zone Euro, et son rebond aux Etats-Unis. la société de gestion Candriam anticipe une « reflation » d’ici à la fin 2016, avec son lot d’opportunités.
consommation - euros - illustration
consommation - euros - illustration

La fin de la tempête pourrait progressivement permettre d’y voir plus clair. Ainsi, alors que les prix du pétrole commencent à se stabiliser et que les craintes sur les pays émergents se font plus nuancées, les investisseurs pourraient être nombreux à faire la part des choses, en particulier sur les perspectives d’inflation.

Certes, l’inflation globale a souffert de la chute des prix de l’énergie, mais l’inflation sous-jacente s’est maintenue à flot : en Zone euro, elle est restée aux abords de 1% sur 2015, malgré les alarmes déflationnistes, et aux Etats-Unis, elle gravite entre 2% et 2,5%. Or, l’écart avec l’inflation globale est tel, aux Etats-Unis, que devant une stabilisation des prix du pétrole, elle pourrait rattraper son retard d’ici au début 2017, pour atteindre près de 2,5%.

Ce rattrapage serait d’abord permis par un rééquilibrage entre l’offre et la demande de pétrole, que la société de gestion Candriam voit survenir dès le second semestre 2016, avec un ralentissement de la production américaine, malgré des stocks toujours en hausse.

Mais le rebond des prix pourrait aussi s’appuyer sur de solides facteurs structurels. Car les paniques boursières ont aussi masqué les pressions inflationnistes aux Etats-Unis, dont la reprise du secteur manufacturier début 2016 et un chômage au plus bas, qui pourraient entraîner des pressions salariales sur les employés qualifiés.

La Zone euro a, quant à elle, bénéficié amplement du pétrole bas, d’une politique budgétaire assouplie et de l’euro faible, notamment grâce au soutien de la BCE. C’est d’ailleurs un autre argument de poids : les politiques ultra-accommodantes des Banques centrales ont injecté tellement de liquidités qu’une fois les craintes apaisées chez les investisseurs, les nouvelles opportunités seront pleinement exploitées.

De fait, en Zone euro, les effets sont déjà tangibles, avec une reprise de la consommation, de la confiance des ménages et du crédit aux ménages. En outre, de nombreux indicateurs se sont stabilisés, comme les PMI Markit, et les résultats des entreprises devraient croître plus vite qu’aux Etats-Unis, avec un impact moindre du pétrole. Par conséquent, en Europe, les risques persistants sont politiques, avec le Brexit et les négociations grecques, dont les issues seront connues d’ici à l’été prochain.

Dès lors, comment anticiper un retour de l’inflation, ou « reflation », d’autant que le redécollage des anticipations sera bien plus rapide ? Certaines devises, fortement corrélées aux prix du pétrole, pourraient rapidement repartir, et sont d’autant plus attractives qu’elles se sont nettement dépréciées.

Pour Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam, c’est la couronne norvégienne et le dollar canadien qui réunissent au mieux tous ces facteurs. Côté actions, la surperformance du style « croissance » sur le style « value », portée par les taux bas, devrait s’affaisser avec le rebond des anticipations d’inflation, qui annonce une hausse du coût du capital. En ajoutant l’amélioration de la rentabilité des entreprises, le style « value » devrait donc se rattraper, sans pour autant surperformer.

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