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Chine : ce que les marchés n'avaient pas vu venir

Les analystes et investisseurs ont surestimé la capacité de réaction des autorités chinoises en cas d’emballement des marchés et sous-estimé au contraire le risque de contagion à l’ensemble des pays émergents. Ce qui explique l’effondrement de la Bourse chinoise cet été et la forte volatilité depuis.
Grande muraille de Chine
Grande muraille de Chine

La Bourse de Shanghai a encore perdu 3,5% dans la journée de mardi et a terminé ainsi la journée en baisse de 6% depuis lundi matin, soit la plus forte chute sur deux jours consécutifs depuis trois semaines. Preuve que la volatilité sur le marché chinois est toujours très forte, malgré l’accalmie post-juillet août, où la Bourse de Shanghai a perdu plus de 33%. Le principal indice des marchés chinois a même perdu 72% depuis le mois de juin.

La baisse des places boursières ces deux derniers jours résulte comme cet été des inquiétudes des investisseurs concernant le rythme de ralentissement de la croissance du pays, alors que la Chine a dévoilé dimanche une hausse de sa production industrielle et de ses investissements plus faible que prévu pour le mois d’août. La différence est que les investisseurs ont désormais mieux intégré les risques au sujet de la première économie asiatique, ce qui n’était pas le cas cet été et explique l’effondrement des marchés.

Selon les analystes d’Axa en effet, deux facteurs avaient été mal jaugés par les investisseurs avant la baisse des mois de juillet/août : ainsi, ceux-ci avaient jusqu’alors accordé une trop grande confiance aux autorités chinoises dans leur capacité à utiliser les bons outils pour faire face à un ralentissement de la croissance et une baisse des marchés. « Les investisseurs avaient une croyance très forte dans le policy input des autorités chinoises, estimant que celles-ci avaient des marges de manœuvre suffisantes pour agir », explique ainsi Maxime Alimi stratégiste macro chez Axa IM. Or les autorités chinoises ont finalement mis plus de temps que prévu à trouver les bonnes solutions pour apaiser les marchés et utilisé des outils qui ont plus inquiété que rassuré : ainsi, la baisse du taux de change, qui n’avait pas été activé depuis cinq ans a envoyé un mauvais signal aux marchés « Le coup de blizzard de cet été résulte de la perte de crédibilité des autorités chinoises », explique de son côté Serge Pizem, Global Head of Multi Asset Investments chez Axa IM.

Deuxième facteur qui explique l’effondrement boursier : le fait que les investisseurs aient sous pesé le risque de contagion aux autres pays émergents. Or la Chine est devenue le principal moteur de ces Etats, au travers du commerce, des matières premières et des flux de capitaux. Les pays développés sont en revanche beaucoup moins sensibles au soft landing de Pékin que les émergents : leur sensibilité est ainsi de 0,2 pour 1 chez les seconds et de 1 pour 1 dans les pays en développement. L’Indonésie, dont la croissance devrait cette année atteindre un plus bas depuis 2009 et la Malaisie qui a vu sa devise s’effondrer cet été et ses capitaux étrangers fondre, ont été particulièrement affectés. Ces retraits de capitaux que subissent les pays émergents sont en revanche favorables aux pays développés où les investisseurs ont replacé une partie de leurs avoirs.

La perte de la confiance des marchés dans les autorités de Pékin a donc fait rejaillir « l’aspect boite noire » de la Chine, dont on ne sait plus si les chiffres sont vraiment valables. La volatilité risque donc d’être encore très importante dans les prochains mois, si l’on ajoute à cela la contagion chinoise aux pays émergents et notamment ceux d’Asie du Sud.

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