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Banque-assurance / Sur les marchés
Le secteur bancaire italien fait face à une réévaluation du risque
Pourquoi les marchés ont-ils mis les banques italiennes sous pression ? A la suite d’une demande d’information de la BCE adressée notamment à six groupes de la Botte et portant sur la qualité de leurs actifs, les établissements perçus comme fragiles ont subi un nouvel épisode de volatilité. Ainsi, les tensions qui étaient initialement localisées sur le marché de la dette bancaire subordonnée et senior se sont déplacées. La contagion s’est étendue sur les marchés boursiers, avec en ligne de mire Banca Monte dei Paschi. « Nous estimons cependant qu’aucun élément nouveau sur les entités attaquées ne justifie ces tensions », selon une étude publiée aujourd’hui par Crédit Agricole. Quels éléments de réponses apportent les analystes pour justifier les inquiétudes des investisseurs ?
En ce qui concerne les faits, les spreads de Carige et de Monte dei Paschi ont enregistré les plus fortes augmentations, pour renouer avec leurs plus haut depuis le pic de la crise souveraine de 2012. Ce « sont deux banques que le marché identifie comme fragiles et candidates à une résolution en cas de difficultés accrues, sous l'angle croisé de la mauvaise qualité de leurs crédits et du poids de leur dette éligible au bail-in en bilan, mesurés par rapport à la moyenne du secteur », notent les auteurs.
Or, le mécanisme de renflouement interne (bail-in) européen s’appuie sur un filet de sécurité (backstop) dont les ressources ne sont, à court terme, pas pleinement opérationnelles. Le fonds de résolution unique du Vieux Continent sera en effet abondé peu à peu par les banques pour être finalement doté en 2025 de 55 milliards d’euros, contre 13 milliards pour sa première année. « Dans le cas de l’Italie, le Fonds de Résolution national a déjà été mis à rude contribution en novembre dernier (lors du sauvetage de quatre banques régionales, ndlr), ce qui fera supporter un coût supplémentaire aux banques domestiques pour reconstituer ses ressources », expliquent les analystes. Ainsi, une nouvelle résolution bancaire alourdirait encore la facture pour les autres acteurs et pour les créanciers privés des banques en difficultés, ajoutent les spécialistes.
La Commission européenne s’est jusqu’à présent opposée à la création d’une « bad bank » pour que les établissements puissent se défaire de leurs actifs douteux dont le montant atteint 201 milliards d'euros. Un chiffre auquel pourrait encore s'ajouter quelque 160 milliards de prêts, d'après la Banque d'Italie. Rome a néanmoins soumis un nouveau plan d’assainissement des bilans à Bruxelles et un accord pourrait être trouvé dans les jours à venir. « Dans son principe, les banques créeraient chacune sur une base volontaire leur propre structure de transfert en ayant la possibilité d’acheter une garantie d’État à un prix de marché à définir », rapporte Crédit Agricole. Le président du Conseil Matteo Renzi a également tenté de rassurer en indiquant que la situation était « beaucoup moins grave que ce que ne pensent les acteurs de marché » et hier Mario Draghi, patron de la BCE, a minimisé l'impact des questionnaires. Des messages peut-être entendus puisque le titre de Banca Monte dei Paschi a repris des couleurs en cette fin de semaine.
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