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Professions financières / Corporate finance

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Corporate finance

Le chemin de croix des biotechs

Trois biotechs frappent à la porte de la Bourse, étape essentielle mais tardive du financement de l'innovation. Au-delà des interventions publiques, le private equity doit garder sa place de mécène.
Le microcosme des biotechs devrait scruter avec attention les résultats de l'introduction en Bourse de Neovacs, ce soir. Après avoir été obligée de réduire de 23 % son prix d'introduction et de prolonger sa période de souscription, la société de recherche va-t-elle réussir à faire ses premiers pas en Bourse? Cet exemple laborieux n'aura sans doute pas rassuré les autres candidats à la Bourse. D'autant que le début de l'année avait semblé signaler le retour en grâce des IPO de biotechs, après l'entrée réussie de Movetis - une participation de Sofinnova Partners - sur le marché belge. En France, le cas a fait mouche: trois groupes (Neovacs, Deinove et AB Science) sont actuellement en train de placer leur papier sur le marché parisien. Or, les difficultés de Neovacs contrastent avec le placement d'AB Science, qui dispose déja de revenus et devrait collecter sans problème 55 millions d'euros auprès des investisseurs Boursiers. La question est cruciale pour les fonds de private equity qui, comme Sofinnova Partners, sponsorisent ces groupes dans les phases précoces, et voient la Bourse comme une porte de sortie. La réouverture des marchés sera essentielle pour une industrie qui a déjà beaucoup souffert de la crise. En 2009, les levées de fonds en capital-risque ont chuté de 56 %, à 65 millions d'euros. Plus inquiétant, le ticket moyen du premier tour (1,3 million d'euros) a chuté de 64 % et celui du deuxième tour (2,7 millions d'euros) de 84 % depuis 2007! La dégradation du financement privé contraste avec le dynamisme des programmes publics. Entre le crédit impôt-recherche, les financements d'Oséo et le statut de Jeune Entreprise Innovante, les autorités publiques sont mobilisées pour faire vivre la recherche. Mais ce mécénat ne dure qu'un temps. Et, au moment de lever des sommes plus conséquentes, les solutions se font rares pour les biotechs-pharma. S'ils se délient, les cordons de la Bourse ne seront réservés qu'aux biotechs les plus mûres, qui peuvent vendre des sources de revenus certaines et proches à des investisseurs court-termistes. Il est donc essentiel que subsiste cet échelon intermédiaire entre l'Etat et les marchés financiers: le private equity. L'industrie souffre du manque d'appétit des investisseurs institutionnels, car le venture représente une classe d'actifs risquée et pas forcément rémunératrice, sur laquelle ils sont de moins en moins prompts à s'engager - surtout avec leurs nouvelles contraintes de fonds propres. Bonne initiative, le FSI ne peut remplacer à lui seul une industrie dynamique de l'innovation telle qu'on la connait outre-Atlantique. Il est nécessaire d'envisager de la discrimination positive, des mécanismes d'incitation plus marqués pour le venture. Construire des biotechs-pharma européennes d'envergure, pour que nos pépites ne soient plus croquées par leurs grandes soeurs américaines.
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