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Les cinq facteurs qui ont déclenché la chute des marchés
Rien ne va plus sur les marchés boursiers. Alors que le mois de janvier a été l'un des meilleurs de l'histoire sur les places financières mondiales (+6% pour le MSCI AC World), le retour de bâton depuis le début de la semaine est une claque pour ceux qui prédisaient une nouvelle année d'euphorie boursière, soutenue par la solide reprise de l'économie mondiale et des investisseurs encore désireux de profiter de la hausse des indices.
Depuis vendredi dernier en effet, la thématique du retour de l'inflation fait la une des journaux et inquiète les investisseurs, qui craignent un resserrement beaucoup plus rapide que prévu des taux directeurs. Du coup, le rendement des Treasuries a grimpé en flèche et a atteint hier près de 2,9%, soit un plus haut de 4 ans. Entraînant au passage un nouvel effondrement de la Bourse américaine, les principaux indices ayant chuté de plus de 10% depuis les sommets atteints en janvier, annulant la totalité des gains réalisés sur un an pour le S&P. Ce matin, les Bourses européennes ont également fléchi, mais dans une moindre mesure, entraînées par la mauvaise journée d'hier sur les marchés américains et asiatiques.
Quels sont les facteurs qui ont déclenché le mouvement de correction et que les analystes n'avaient pas vu venir ? La remontée des taux d'intérêt donc, déclenchée par des statistiques sur l'emploi meilleures que prévu aux Etats-Unis, qui ont modifié les attentes des marchés quant au nombre de hausses de taux par la Fed cette année (3 hausses initialement prévues, mais le consensus se déplace vers 4 maintenant). L'ère de l'argent gratuit et des taux planchers est bel et bien terminée, et même si Jerome Powell devrait retarder la première hausse de l'année (qui devait avoir lieu en mars), vu les turbulences récentes sur les marchés, le resserrement monétaire devrait accélérer en seconde partie d'année, estiment désormais les analystes.
Autre facteur selon Pimco, qui explique la correction des marchés, l'arrivée à terme du cycle économique entamé il y a deux ans : "l'absence de progression de la productivité, le ralentissement de la croissance de la masse salariale et une hausse des contraintes pesant sur les capacités économiques devraient coïncider avec une décélération progressive de l'activité économique réelle et faire monter l'inflation. (...) Le comportement des marchés est le même que lors de périodes d'accélération de l'inflation et de ralentissement de l'économie", explique ainsi Tiffany Wilding executive vice président chez Pimco.
Le mouvement de resserrement des marchés résulte aussi d'un retour des investisseurs vers les valeurs refuges, après une période de forte hausse de leur exposition au risque. Le dollar a ainsi progressé de plus de 1% contre l'euro depuis la correction, même si le métal jaune a de son côté plutôt reculé. Les hedge funds ont certainement alimenté le mouvement baissier, du moins la seconde journée de baisse hier, par crainte de ne pas anticiper suffisamment tôt un nouveau sell off le vendredi, juste avant le week-end (comme cela a eu lieu vendredi dernier), les incitant à vendre massivement dès jeudi.
Enfin, la thèse selon laquelle les marchés actions américains sont trop chers et survalorisés commence à gagner du terrain chez les investisseurs, surtout dans ce genre de moment de turbulences boursières et de très forte volatilité, les incitant à prendre leurs gains avant qu'il ne soit trop tard. La résistance des marchés européens depuis lundi, qui ont chuté dans des proportions beaucoup moins grandes que leurs voisins américains, résulte d'ailleurs peut être du fait que les actions du Vieux Continent ne sont pas encore jugées survalorisées.
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