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Pas de dolce vita pour Monte Dei Paschi

C'est au tour de Mario Draghi et de la Banque d'Italie d'être pressés de s'expliquer au sujet du scandale financier qui implique Monte Dei Paschi. A quelques jours des élections, la tension monte d'un cran.
Le scandale politico-financier qui éclabousse la banque Monte Dei Paschi continue de défrayer la chronique en Italie et, par ricochet dans toute l'Europe. Alors que les nouveaux dirigeants veulent tourner la page, c'est au tour de Mario Draghi, l'ancien directeur de la Banque d'Italie entre 2006 et 2011, d'être sommé de s'expliquer. Décidément les temps sont durs pour la plus vieille institution bancaire du monde. Le groupe Banca Monte Dei Paschi di Sienna (BMPS) vient en effet de confirmer que ses pertes potentielles sur les produits dérivés devraient bel et bien atteindre 730 millions d'euros à la fin 2012. L'annonce intervient alors que l'ancienne direction fait l'objet d'une procédure judiciaire pour ses investissements hasardeux destinés à maquiller ses comptes et, plus largement, sur d'autres questions concernant la supervision bancaire. Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour rendre le cocktail explosif. D'abord, le dossier s'est invité dans la campagne électorale italienne, la banque toscane entretenant des liens historiques avec le centre-gauche, parti favori dans les sondages. Ensuite, la décision du gouvernement Monti d'injecter 3,9 milliards d'euros de fonds public pour sauver l'institution vieille de 6 siècles aurait eu lieu sans que le Parlement n'ait été informé que BMPS était sous investigation judiciaire. Et l'affaire continue de se propager. C'est maintenant à la Banque d'Italie d'être sous le feu des critiques, et surtout son ancien directeur Mario Draghi, accusé de ne pas avoir réagi suffisamment tôt pour sanctionner les dirigeants du troisième plus grand prêteur d'Italie alors même que ses inspecteurs avaient identifiés les contrats de dérivés, dès la mi-2010. " Je ne veux pas prendre parti dans les élections italiennes, mais vous devriez sûrement écarter beaucoup de ce que vous entendez ou lisez sur les blogs ou ailleurs. Ça fait partie de l'agitation d'une campagne électorale ", s'est ainsi défendu Mario Draghi, à présent à la tête de la BCE. Dans ce climat délétère et signe des tensions croissantes, Monte Dei Paschi di Sienna a annoncé qu'elle envisagerait de lancer des procédures judicaires contre tous ceux qui porteraient atteinte à son activité commerciale ou qui viendraient faire circuler de fausses informations à son encontre.
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