Proglio : 2 milions d'euros, et alors ?
Depuis deux jours l'opinion publique s'est emparée du sujet des "salaires" versés à Henri Proglio. N'est-ce pas l'arbre qui câche une immense forêt ?
Henri Proglio, le nouveau patron d'EDF va donc recevoir deux salaires, contrairement à ce que Christine Lagarde avait laissé entendre il y a quelques semaines. Le premier au titre de président d'EDF, soit 1,6 millions d'euros, nettement supérieur à celui de son prédécesseur, et le second de 450.000 euros, en tant que président non éxécutif de Veolia Environnement, entreprise où il a passé 36 ans de sa vie professionnelle, et dont il a défini la strétégie.
Que la révélation de ces deux salaires juxtaposés après la promesse contraire de la Ministre de l'Economie fasse désordre, c'est un fait ! Que l'opposition et quelques membres de la majorité se servent de cette révélation pour dénoncer les cadeaux faits aux amis du Président n'est pas une surprise ! Que les syndicalistes maison s'étonnent de cette rémunération alors que - parait-il - on bride celle des salariés d'EDF, c'est de bonne guerre.
Mais derrière cette polémique il ne faut pas oublier trois faits très simples. D'abord, depuis un an, il existe un code d'éthique rédigé par l'Afep et le Medef et reconnu comme cadre de référence par les pouvoirs publics. Si une seule personne juge excessive la rémunération d'Henri Proglio, qu'elle fasse appel au Comité des Sages, dont le gouvernement a lui-même exigé la création et qui est présidé par Claude Bébéar.
Deuxième point : les 2,05 millions d'euros que va percevoir Henri Proglio constituent une somme importante vue par la moyenne des salariés d'EDF ou de Veolia, ou même par la moyenne des patrons de PME (dont le salaire est de 4.500 euros par mois). Il représente moins de deux fois le salaire d'un trader moyen à Londres. Il constitue surtout l'une des plus faibles rémunérations parmi les patrons du CAC 40. Parmi ces derniers, certains aiment à se faire des parangons de vertu, mais reçoivent sous forme de stock-options des émoluments (bien moins taxés) qui sont hors de toute proportion. C'est bien la raison pour laquelle ils tordent le nez devant le devoir de transparence imposé par le code Afep-Medef.
Dernier point : a-t-on oublié qu'il n'y avait aucun candidat pour succéder à Pierre Gadonneix ? A-t-on déjà oublié que le poste a été proposé à Patrick Kron, à Henri Guaino à Gérard Longuet et à bien d'autres qui ont tous décliné la proposition. Dans ces conditions, lorsque l'on veut faire venir à la tête d'un groupe public, un grand patron du privé, faut-il s'étonner de devoir adopter les conditions du privé.
Qu'on en arrête donc avec cette polémique lamentable, qui déshonore les quelques patrons qui l'agitent dans la coulisse ou les parlementaires qui secouent ce chiffon rouge. Pour 1,6 millions d'euros on peut être certain qu'Henri Proglio apportera bien plus à EDF et à tout le secteur énergétique français que les 400 millions d'euros versés chaque année par l'électricien à son comité d'entreprise...!
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17/09/2021 - 10:31

