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Ce qui compte dans les comptes de Total

Le premier groupe de France doit être regardé, non pas à l'aune de ses profits, mais à celle de ses investissements.
Amis lecteurs, comme chaque année vous allez avoir droit à une litanie de commentaires sur les comptes de Total avec comme leitmotiv : "ce groupe gagne trop d'argent !" Ou bien : "plus de dix milliards d'euros de bénéfices : c'est une somme directement prélevée sur le pouvoir d'achat des automobilistes. Et en plus rendez-vous compte : ce groupe paye ses impôts dans des pays étrangers. C'est dire si ce n'est pas une entreprise citoyenne." Bref, s'il existait un délit de faciès pour les groupes cotés, à coup sûr Total serait le premier verbalisé. Les comptes de Total sont bons, voire même très bons. Et c'est tant mieux. Parce que les 10,3 milliards d'euros de bénéfices, et surtout les 18,5 milliards d'euros de cash flow brut dégagés l'an passé, sont indispensables pour financer des investissements qui se sont élevés l'an passé à 21,6 milliards. Des investissements liés directement à la recherche de nouvelles sources de production de gaz ou de pétrole. Or si le groupe est l'un des rares de ce secteur à avoir vu ses réserves progresser de 2 % l'an passé pour atteindre 10,7 milliards de barils - ce qui lui assure plus de 12 années de production - c'est parce que, contre vents et marées, quel que soit le prix du baril ou celui du dollar, il n'a cessé d'investir. Si l'on totalise les dépenses d'investissements de Total pour 2009 et 2010, elles s'élèvent à 40 milliards d'euros, soit largement plus que les dépenses d'avenir prévues par l'Etat dans le cadre du Grand Emprunt (35 milliards). Quelle meilleure façon de rendre service aux actionnaires et aux parties prenantes de l'entreprise - les clients, les salariés, les citoyens - que de préparer l'avenir ? Et quel meilleur moyen de préparer l'avenir, qu'en renouvelant les réserves d'énergie, voire même en les augmentant - surtout dans un monde où elle se fait de plus en plus chère - ou en cherchant de nouvelles énergies, dans la biomasse, dans le solaire, et peut-être demain dans le nucléaire. Voilà ce que Christophe de Margerie explique, depuis qu'il est aux commandes du groupe. Voilà pourquoi, le groupe cesse d'utiliser de manière stérile son cash flow, en rachetant ses propres titres. Voilà pourquoi s'il y a bien un groupe pour lequel on peut se passer de regarder le niveau des bénéfices, pour se consacrer à voir ce qu'il en fait, c'est Total.
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