Danone tient le cap
Dans un contexte de hausse des matières premières, le groupe agroalimentaire présente de solides résultats. Dommage qu'ils ne soient pas utilisés à meilleur escient.
Danone n'a pas su convaincre les marchés. En début d'après-midi, le titre décrochait de 1,5%, à 49,9 euros. Pourtant, les résultats présentés ce matin sont en ligne avec les objectifs affichés par le groupe, dans un environnement incertain. Le groupe devra continuer à faire face à une consommation stable et à une hausse des prix et de la volatilité des matières premières.
Au premier semestre, le chiffre d'affaires croît de 8,7% sur un an à données comparables, porté notamment par la division eaux. La marge opérationnelle ressort à 14,35%, en baisse de 23 points de base, mais ce recul avait été anticipé par la direction. Le résultat net a quant à lui crû de 3,4%.
Le groupe peut se targuer d'enregistrer des ventes en hausse dans toutes ses branches et zones d'activité. C'est la division eaux qui affiche la croissance la plus spectaculaire, avec des ventes qui progressent de 16,6% au premier semestre. Le groupe concède qu'il s'agit d'une performance exceptionnelle, permise par la bonne météo du printemps en Europe et Amérique Latine. Le tremblement de terre au Japon a aussi accru momentanément la demande.
La région Asie affiche d'ailleurs une augmentation des ventes de 19,5%, contre 13,6% pour le reste du monde et 4% pour l'Europe. A côté des eaux, les divisions nutrition médicale (9,1% de croissance en volumes) et nutrition infantile (5,5%) sont deux autres solides piliers de croissance. D'autant que Danone parvient à améliorer leurs marges de 135 pb et 63 pb, à 19% environ.
Si la catastrophe japonaise a boosté les ventes de bouteilles d'eau, elle a en revanche impacté la rentabilité du groupe, notamment sur les produits laitiers frais, et l'intégration d'Unimilk a elle aussi pesé. Danone s'est désengagé du groupe Wimm-Bill-Dann et a fusionné ses activités de produits laitiers frais avec le groupe russe l'année dernière, pour un devenir un leader sur ce marché ainsi qu'en Ukraine, Kazakhstan et Biélorussie.
Reste que si l'on met de côté ces évènements ponctuels, la rentabilité est restée stable. Pour faire face à la hausse des matières premières, notamment du lait et du plastique d'emballage, le groupe est parvenu à augmenter ses prix et a déjà dégagé 246 millions d'euros d'économies sur le semestre (contre 500 millions en 2010).
Enfin, la situation financière du groupe reste saine. La trésorerie a progressé de 7,8%, soit 925 millions d'euros de free cash flow, qui n'ont malheureusement pas été réinvestis dans de la croissance organique ou externe, mais ont servi à soutenir le cours, via des rachats d'actions pour 592 millions d'euros. Le titre en a bénéficié, qui a grimpé de 17% depuis mi-mars.
Confiant, le P-dg Franck Riboud a réitéré ses prévisions pour 2011: il table sur une croissance du chiffre d'affaires de 6 à 8% cette année. La marge devrait progresser de 0,2%, grâce aux synergies dégagées par l'intégration d'Unimilk. D'ici à 2012, le groupe compte générer 2 milliards d'euros de free cash flow. Qui seront, espérons-le, mis à meilleur profit.
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17/09/2021 - 10:31

