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IPO : enfin le retour des licornes en Bourse ?
Dropbox a défié tous les pronostics lorsqu’il est entré en Bourse vendredi, au terme d’une semaine très chahutée sur les marchés et où le Dow Jones a reculé de plus de 400 points sur la séance. Alors que la Fed venait de monter ses taux directeurs et que Facebook connaissait une grave crise de réputation, cela n’a pas suffi à tempérer l’enthousiasme des investisseurs pour le groupe de stockage de données. Ce dernier a relevé sa fourchette de cotation à 18-20 dollars puis a même fixé son prix d’entrée à un niveau supérieur, à 21 dollars, ce qui lui a permis de lever 756 millions de dollars et 100 millions auprès de Salesforce. Et le jour de son introduction, alors que les investisseurs s’alarmaient de la montée des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, le titre a clôturé en hausse de 36%, soit la deuxième meilleure performance de l’année !
La réussite de cette IPO, menée par Goldman Sachs et Morgan Stanley, est celle d’une star de la Silicon Valley, dont les perspectives de croissance ont alléché les investisseurs. Mais le groupe et ses banques ont aussi réussi à créer un effet de manque puisque l’offre était limitée à 9% du capital, contre 39% pour la moyenne des introductions américaines cette année et 22% pour les sociétés tech, selon Dealogic. En outre, les banques conseils et la société n’ont pas péché par gourmandise : alors que la demande était bullish, ils ont gardé un prix d’entrée très raisonnable, et loin des plus de 28 dollars auxquels le groupe était valorisé lors de son dernier tour de table, en 2014. Bien lui en a pris, puisque le titre a clôturé à ce prix dès le premier jour de cotation, même si le groupe a gardé deux classes d’action, et attribué dix droits de vote par titre à ses fondateurs et plus gros investisseurs.
Les licornes de la Silicon Valley vont-elles oublier le cas du réseau social Snap, qui a bondi en Bourse lors de son IPO il y a tout juste un an, avant que le soufflé ne retombe en raison des doutes sur la monétisation ? Le titre est aujourd’hui en baisse de 40% depuis son entrée sur les marchés et nombre de start-up ont préféré continuer à se financer en privé, à l’image d’Uber. Il faut dire que les sources de financement ne manquent pas, entre les fonds de venture, l’entrée des fonds de pension ou encore de grands conglomérats comme Softbank sur ce segment. Mais à l’image du groupe de VTC, qui règle ses problèmes et attendra l’an prochain pour son IPO selon son nouveau patron, d’autres grandes figures de la tech pourraient décider de se lancer, surtout si les exemples de ce type venaient à se multiplier.
Prochain sur la liste : le groupe suédois de streaming musical Spotify, qui a choisi une procédure atypique, celle de la cotation directe. Le groupe compte ainsi économiser de coûteux frais de banques teneuses de livres, mais n’aura pas l’opportunité de tester la demande pré-IPO, afin de fixer son prix d’entrée. Si Spotify – comme Dropbox – perd encore de l’argent, le leader mondial de son marché a mis en avant les cash flows positifs depuis 2016 et le chemin en cours vers la rentabilité. La façon dont Facebook parvient à surmonter les scandales sur la protection de ses données sera également cruciale pour que d’autres pépites de la tech espèrent suivre le chemin de la Bourse.
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