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Ce que prépare Bolloré

La Financière de l'Odet a vendu ses 5 % dans Mediobanca à sa filiale à 81 %, le groupe Bolloré. Prélude à d'autres manoeuvres.
La période estivale est propice aux reclassements d'actifs au sein de mêmes groupes. Quand l'an dernier à la veille du 15 août, Bernard Arnault décidait de vendre à LVMH la moitié de Cheval Blanc, à un prix non communiqué mais nettement surévalué, Vincent Bolloré vient cette année, de mener pour sa part une opération plus transparente et moins sujette à caution. Sa holding de contrôle cotée en bourse, la Financière de l'Odet, qui détenait via une coquille ad hoc près de 5 % de Mediobanca, a cédé cette participation au groupe Bolloré (détenu à 81 % par la Financière de l'Odet), pour un montant de 353 millions d'euros. Un prix qui correspond à la valeur de transparence des actions de la prestigieuse banque italienne. A priori, la première motivation de ce transfert d'actifs réside dans la nécessité de monétiser cette participation afin de rembourser un prêt participatif localisé dans le bilan de la Financière de l'Odet et qui arrive à échéance à la fin de ce mois d'août. Prêt qui avait servi à acquérir ces titres Mediobanca auprès du groupe Lazard il y a quelques années, afin d'aider Antoine Bernheim à reconquérir la présidence de Generali, dépendance de Mediobanca. A moyen terme, il y a deux autres explications à ce glissement de participations. La première est de rendre à la Financière de l'Odet son statut de pure holding de contrôle, ne détenant que 81 % de Bolloré, et donc appréciée comme telle par les investisseurs. La seconde justification est de donner à la Financière de l'Odet les moyens de monter progressivement au capital de Bolloré. Depuis quelques mois, cette société, comme son actionnaire direct Vincent Bolloré, n'ont pas arrêté d'acheter des titres Bolloré. Et tout laisse à penser que l'industriel breton souhaite poursuivre la simplification des structures qu'il a entamée il y a une dizaine d'années, après la prise de contrôle du groupe Rivaud. Les 353 millions d'euros tirés de la cession de la Financière du Perguet permettraient de racheter plus de 10 % du capital de Bolloré. Et la Financière de l'Odet pourrait facilement monter dans les mois qui viennent de 81 à 91 % du capital de sa filiale, voire à 95 %, condition nécessaire pour mettre en oeuvre une procédure de retrait obligatoire. Tout dépendra évidemment des résultats à venir du groupe, et notamment du fabuleux pari industriel que constitue le lancement de la batterie pour véhicules électriques. Mais Vincent Bolloré, de son bateau Paloma qui croise actuellement au large de la Grèce, a clairement donné le coup d'envoi de l'inéluctable rapprochement de la Financière de l'Odet avec le groupe Bolloré.
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