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Le réseau asiatique de Viadeo

Après l'Occitane, Viadeo serait le deuxième européen à venir se coter à Hong Kong. Un pari sur le potentiel du Web 2.0 dans les émergents, qui diverge de son concurrent LinkedIn.
Cocorico, les français sont pour une fois très matinaux pour participer au développement des IPO sur le continent asiatique. Après la marque de cosmétiques L'Occitane en mai dernier, qui était le premier groupe d'Europe de l'Ouest à venir frapper à la porte de la bourse de Hong Kong et a depuis vu son cours grimper de 35%, c'est le fameux réseau social professionnel Viadeo qui devrait bientôt tenter sa chance. Certes, il ne s'agit pas non plus d'un geste téméraire et incongru, car Hong Kong s'est tout de même placée en tête des places mondiales en termes d'introductions en bourse en 2010. Mais le phénomène est assez nouveau pour être analysé, surtout si l'on prend en compte le fait que le groupe évolue sur le segment tant convoité du Web 2.0, ces start-up qui sont encore privées mais valent aujourd'hui déjà des milliards, soit des multiples astronomiques de leurs revenus. D'un point de vue stratégique, Viadeo a, comme l'Occitane avant lui, pris en compte les deux principaux avantages de venir s'introduire à Hong Kong, . Tout d'abord, mettre à profit une image de marque forte sur place. Viadeo est déjà numéro un des réseaux sociaux professionnels en Chine et est donc très connu dans l'Empire du Milieu, ce qui facilite les choses pour expliquer le business model aux investisseurs lors des roadshows. Pour ne rien enlever à son charme, Hong Kong est une place particulièrement dynamique dans le monde émergent, qui offre la perspective d'un marché liquide et dynamique à Viadeo. Ensuite, Viadeo compte tirer parti de cette présence financière à Hong Kong pour développer encore son maillage dans la région. Asseoir sa présence en Corée, en Thaïlande, au Vietnam, tous ces pays dans lesquels le Web 2.0 est amené à exploser dans les années à venir, devrait être plus aisé en justifiant d'une base solide d'actionnaires asiatiques. Ce raisonnement est d'autant plus notable qu'il n'est pas l'apanage de toutes les stars de la Toile. Son concurrent américain Linkedin a d'ores et déjà déposé un projet d'introduction aux Etats-Unis, là où le groupe tire la majorité de ses membres - et de ses revenus. D'autres acteurs ont une vision plus agressive: Renren, le Facebook chinois, veut quant à lui se lister à New York, sans doute dans l'espoir d'y menacer le leader mondial créé par Mark Zuckerberg. Ces démarches témoignent de deux visions différentes du marché: faut-il faire confiance au berceau du Net, au pays de la puissante Silicon Valley pour aller déposer ses capitaux propres, ou bien aller chercher dans les pays émergents la manne des futurs membres de la communauté virtuelle? Quoi qu'il en soit, les Viadeo, LinkedIn et autres Renren devraient, comme le russe Mail.ru en Europe, rencontrer la ferveur des investisseurs car ils seront les premiers sur la liste. Mais comme partout ailleurs, le soufflé retombera.
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