Entrepreneuriat : Les américains plus confiants que les européens
Société Générale Private Banking et Forbes Insights ont publié une étude exclusive, ce matin, sur la vision des entrepreneurs sur l’économie mondiale et celles de leurs pays, et le cadre juridique et social dans lesquels leurs entreprises opèrent.
Principale conclusion de l’étude, conduite auprès de 210 entrepreneurs dans le monde : pour la majorité des répondants, toutes régions confondues, les entrepreneurs et les dirigeants d’entreprises sont un facteur positif de croissance économique.
En premier lieu, les entrepreneurs européens sont les moins confiants envers leur économie: 36% d'entre eux estime que la conjoncture européenne est faible. Ce sont également les européens qui portent le regard le plus critique sur leur gouvernement, puisqu’ils considèrent en majorité les politiques actuelles contraires aux intérêts des entreprises (67%) et la bureaucratie, comme le principal obstacle à leur activité (39%) devant la conjoncture économique (34%). Mais tout n’est pas négatif pour le Vieux Continent puisque les entrepreneurs mondiaux voient dans l’Europe, pour la décennie à venir, le lieu d’une création de richesse supérieur à toutes les autres régions- à l’exception de la Chine. Selon l’entrepreneur français Yves Weisselberger, fondateur de SnapCar a d'ailleurs tenté de nuancer la tendance dévoilée par l'étude: « Je pense qu’il règne en France l’impression fausse que les gens n’y aiment pas les entrepreneurs. Tout le monde valorise l’entrepreneuriat ». A noter également pour la France, la construction lancée par Xavier Niel d’un espace de 30 000 m², dédiée à la génération d’idées et à l’innovation en plein de cœur de Paris, qui pourrait devenir, selon lui, « le plus gros incubateur de startups au monde ».
Une approche différente de l’autre côté de l’Atlantique, les entrepreneurs d’Amérique du Nord jettent un regard bien plus optimiste sur l’économie de leur pays: 63% la considèrent comme excellente, tandis que 39% d'entre eux estiment que l’économie mondiale est en mauvais état. C’est en Amérique du Nord que les entrepreneurs sont le plus massivement convaincus des atouts concurrentiels de leur pays (76%) et 81% s’estiment indispensables au bien-être de leur pays : « Le redressement commence par les entrepreneurs, avant de gagner les grandes entreprises », explique Anna Sofat, fondatrice d’Addidi.
A propos du potentiel de croissance du continent américain, Dave Ashton, entrepreneur américain opérant en France, exprime un avis assez largement partagé lorsqu’il dit que « les créateurs de Facebook et d’Instagram vont maintenant se charger de révolutionner les soins de santé et l’industrie des loisirs ».
Concernant le reste du monde, de par leur culture, les asiatiques sont les entrepreneurs les plus enthousiastes à propos de l’économie de leur pays (73%), de leur région (72%) et du monde (61%). Le Premier Ministre chinois a d'ailleurs récemment déclaré que l’entrepreneuriat « était une mine d’or qui génère en continu créativité et richesse ». Le budget 2015 de l’Inde met en avant aussi l’entrepreneuriat, avec notamment le projet « Made in India », qui soutien l’éclosion des startups et le projet « Digital India » qui compte transformer le pays en une économie connectée.
Quant aux entrepreneurs du Moyen-Orient et de l’Afrique, 57% qualifient d’excellente la conjoncture économique de leurs pays alors qu’ils sont très pessimistes sur leurs atouts concurrentiels, puisqu’ils sont à peine 18% à estimer que leur pays est compétitif, et à peine 4% à penser la même chose de leurs entreprises.
L’étude souligne également les qualités précieuses des entrepreneurs (courage, persévérance) moteurs de croissance, à travers notamment leurs états d’esprit, leurs motivations et leurs innovations (à tout âge) qui leur permettent de bâtir des entreprises, y investir, créer des emplois.
Les analystes de Société Générale Private Banking mettent en avant le développement d’un état d’esprit résolument international de l’entrepreneuriat de nos jours (les entrepreneurs français exportés vers la Silicon Valley est un bon exemple), et les entrepreneurs peuvent, maintenant, bénéficier d’opportunités nouvelles délivrées par la Chine, le Moyen-Orient ou encore l’Inde. De plus, compte tenu du rôle vital des entrepreneurs sur la croissance économique mondiale, les nouvelles vagues d’innovation et de développement des entreprises issues de l’entrepreneuriat doivent être encouragés par le système financier, la société, le système éducatif et les actions gouvernementales.
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