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Le MSU muscle son staff en prévision du Brexit

La BCE a annoncé qu'elle allait embaucher 70 personnes supplémentaires au sein du mécanisme de surveillance bancaire, anticipant une charge de travail supplémentaire à l'approche de la sortie du Royaume-Uni de l'UE.
union bancaire - illustration
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La Grande-Bretagne sortira donc de l'UE dans un an exactement, et si le pays et Bruxelles se sont accordés sur une période de transition de 20 mois supplémentaires, les banques de la City sont activement en train de préparer leur stratégie post-Brexit. Nombre d'entre elles ont déjà annoncé la relocalisation d'une partie de leur staff à Francfort, Paris ou Dublin, mais le rythme des délocalisations devrait s'accroître, selon Danièle Nouy, présidente du système de supervision bancaire de la BCE, lors d'un entretien avec des avocats à Bruxelles hier. La BCE a donc annoncé en conséquence qu'elle allait augmenter ses équipes au sein du Mécanisme de Supervision Unique et embaucher 70 personnes de plus, dans la perspective de cette charge de travail supplémentaire liée au Brexit.

Si Francfort a pris une longueur d'avance sur Paris en termes d'attractivité des banques de la City en début d'année dernière, notamment concernant le transfert d’équipes de vente et de trading de grandes banques d’investissement américaines (Citigroup, Goldman Sachs, Morgan Stanley), Paris a rattrapé son retard en seconde partie d'année : après HSBC, qui la première a annoncé qu’elle allait déplacer 1.000 emplois de ses bureaux londoniens vers Paris où elle emploie déjà 9.500 salariés, Citigroup aurait demandé une licence en France pour ses activités de marché, selon James Cowles, patron de la banque américaine pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, dans une interview publiée fin septembre dans Les Echos. De son côté, Bank of America aurait négocié l’acquisition d’espace de bureaux à Paris afin d’y transférer une partie de ses opérations de trading, selon deux sources proches du dossier citées fin septembre par Bloomberg.

En septembre de l'an dernier également, l'assureur américain Chubb a indiqué avoir choisi Paris pour son nouveau siège européen post-Brexit. Et sans surprise, le patron de la Société Générale a déclaré l'été dernier que sa banque relocaliserait une partie de ses effectifs à Paris, tandis que la plateforme de trading des obligations d'Etat de Crédit Agricole a été rapatriée dans la capitale française à l'automne dernier (même si la banque a déclaré que cela n'était pas lié au Brexit). 

Tous ces déménagements et ceux qui seront annoncés dans les prochains mois devraient en tout cas donner du travail supplémentaire au superviseur bancaire européen, pour qui le Brexit fait d'ailleurs partie des sujets cités comme représentant une "priorité prudentielle pour 2018". "Les tests de résistance et les préparatifs en vue de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne font partie des activités prudentielles prévues en 2018 pour aborder les risques multidimensionnels", explique ainsi le MSU dans un document définissant les domaines majeurs de supervision bancaire pour cette année, publié sur son site. 

La BCE, ainsi que les autorités de contrôle nationales, prévoient ainsi de poursuivre leur évaluation des plans des banques en vue du transfert de leurs activités du Royaume-Uni vers la zone euro, y compris des demandes d’agrément bancaire, explique le document du MSU. Qui précise que le superviseur sera particulièrement attentif au respect des orientations de politiques approuvées, notamment afin d'éviter la création d’établissements "coquilles vides" dans les pays relevant du MSU. Le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne aura également des conséquences pour un certain nombre d’établissements importants dont le siège social se trouve dans la zone euro. "Les équipes de supervision poursuivront leur étroit dialogue avec les établissements importants qui subiront les retombées du Brexit et continueront de suivre attentivement l’évolution de l’élaboration des plans d’urgence des banques et leur mise en œuvre", conclut le régulateur. Qui ne devrait donc pas chômer dans les 12 prochains mois...

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