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Ardian, un premier millésime indépendant sur tous les fronts

L'ancienne filiale d'Axa a bouclé sa première année d'indépendance avec 50 milliards de dollars sous gestion. Malgré la déconvenue sur le Club Med, il cultive une diversification poussée dans le secondaire, la dette et l'infrastructure.
Ardian - logo
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L'an passé, Ardian n'aura pas été avare en annonces dans tous ses domaines d'activité, et cela continue à être le cas en ce début d'année 2015: le groupe vient d'annoncer qu'il reprenait un portefeuille de private equity d'une valeur de 1,75 milliard de dollars auprès de la caisse de retraite des enseignants de Pennsylvanie. En 2014, la maison emmenée par Dominique Senequier a ainsi bouclé dix opérations secondaires pour un total de 10 milliards de dollars, et a mis au travail plus de 75% du fonds de 10 milliards de dollars levé en avril dernier seulement!

Cette nouvelle vient confirmer l'activisme du plus gros acteur du private equity en Europe, avec 50 milliards de dollars sous gestion, qui compte tirer parti de la volonté des institutionnels, notamment américains, de se procurer de la liquidité sur la classe d'actifs sur le marché secondaire. Mais pas seulement. Ardian s'est également distingué sur son activité de dette privée: il a ainsi innové avec des financements unitranche, comme tout récemment pour la reprise d'IMV Technologies par Qualium, ou a encore apporté un financement subordonné pour Ceva Santé Animale, un LBO covenant-lite bouclé l'été dernier.

Par ailleurs, Ardian a bouclé une des rares opérations du non coté supérieures au milliard d'euros en France, via sa division infrastructures. Il a ainsi repris la filiale de parkings de Vinci, Vinci Park, aux côtés de Crédit Agricole Assurances pour une valeur d'entreprise de 1,95 milliard d'euros. Il a par ailleurs poursuivi ses investissements dans le solaire et les autoroutes, grâce au véhicule de 1,75 milliard d'euros dédié aux infrastructures et levé en mars 2013.

Sur son activité traditionnelle, Ardian a connu, à l'instar des acteurs français du private equity, une année mitigée. D'un côté, le segment small cap reste très actif: le fonds a notamment repris une part au capital de Spie Batignolles auprès d'Equistone, et au sein des laboratoires Bio7 à Chequers Capital. Grâce à l'appétit des assureurs et à son track record, le groupe a bouclé un véhicule de 500 millions d'euros à destination des PME en avril dernier, ce qui lui laisse l'opportunité de saisir de nouvelles opportunités sur ce segment porteur.

Sur le midcap, la situation est plus complexe en France, en raison d'un contexte macro difficile. Ardian a également essuyé un revers sur son dernier dossier emblématique, celui du Club Med, où il s'était associé avec Fosun lors de premières enchères il y a plus de 18 mois. Il a ensuite pris ses distances lorsque la concurrence s'est manifestée et que les enchères sont montées, et ne détient plus qu'un ticket très minoritaire dans le schéma de Fosun, qui vient finalement de l'emporter. Hormis cela, Ardian s'est plutôt attaché cette année à trouver des deals ailleurs en Europe, en Allemagne (Schleich) et en Italie (Italmatch Chemicals), ou à renforcer ses participations via des build-up (Trescal, NHV), à défaut de trouver des cibles intéressantes et abordables dans l'Hexagone.

Enfin, la maison a également profité de l'environnement favorable aux sorties et a cédé le fabricant d'ingrédients naturels Diana au groupe Symrise, après avoir fait monter les enchères grâce à l'appétit d'autres fonds de private equity. Malheureusement, il n'a pas dégainé assez tôt pour sortir le groupe d'ingénierie Spie en Bourse, qui a subi le retournement de la fenêtre des marchés après l'été et a dû renoncer à son IPO in extremis. Comme d'autres, Ardian attend maintenant une nouvelle détente des marchés en 2015 et continue, pendant ce temps, son bonhomme de chemin dans le monde plus feutré du non coté.


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