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Trescal, un serial LBO, passe sous pavillon canadien
Trescal est une success story façonnée par le private equity. Le groupe de métrologie, c’est-à-dire qui analyse la fiabilité des instruments de mesure pour l’aéronautique, l’automobile, les télécoms ou la défense, a déjà connu trois LBO successifs et devrait bientôt rempiler pour un quatrième. Le fonds de pension canadien Omers Private Equity, qui gère 85 milliards de dollars, vient d’entrer en négociations exclusives avec Ardian afin de lui racheter ce groupe basé à Rungis, pour une valeur d’entreprise de 670 millions d’euros. Le management et notamment le PDG Olivier Delrieu, qui détient 20% de la société à l’heure actuelle, réinvestira également en minoritaire.
Trescal, est un ancien spin-off d’Air Liquide, une « belle endormie », racheté par Astorg Partners en 2007, et qui a depuis connu une expansion sans commune mesure. Le fonds de private equity boucle huit acquisitions en trois ans et se renforce en Europe, passant de 70 à 110 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il cède la main au fonds britannique 3i aux côtés de TCR Capital en 2010, qui signe un build-up lui permettant de s’installer aux Etats-Unis, ouvre à Singapour et boucle encore quatre deals. Il décide alors de vendre à Ardian pour 250 millions d’euros en 2013, empochant deux fois sa mise pour moins de trois ans de détention.
Ardian a encore accéléré la cadence des build-up chez Trescal à un rythme effréné : en l’espace de quatre ans, le groupe a annoncé pas moins de 25 acquisitions ! Il s’est développé dans de nouveaux territoires comme le Canada, compte désormais 110 sites dans 22 pays, et emploie 3 000 personnes dans le monde. Une thématique de consolidation sur laquelle comptent beaucoup les fonds de private equity, pour transformer leurs participations midcap en leaders mondiaux de leur secteur, et optimiser la croissance et le rendement. Car de l’aveu du patron Olivier Delrieu lui-même, la société ne génère que 4% de croissance organique annuelle. Avec l’appui de son actionnaire financier, Trescal a ainsi généré 270 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, contre 157 millions quatre ans plus tôt, et augmenté son Ebitda de plus de 50%.
De tels modèles de croissance pérenne sont bien sûr convoités par le private equity, qui dispose de réserves de cash record. Mais aussi des Limited Partners eux-mêmes, qui ont de plus en plus l’organisation interne pour saisir ce type d’opportunité. Ainsi début 2016, Thibault Basquin, managing director chez Ardian, avait indiqué à la Tribune que le fonds resterait entre quatre et six ans au capital de l’ETI et bouclerait encore une dizaine de deals sur trois ans. Las, il a cédé aux sirènes du fonds de pension canadien, qui a lui aussi les armes pour financer la suite de cette active politique de croissance externe. De quoi faire émerger un leader mondial à la française, bâti grâce aux capitaux internationaux du private equity.
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