Aller au-delà de MIF 2
Finance Watch propose d'imposer des apports de liquidité dans le trading à haute fréquence et de limiter la spéculation sur les dérivés de matières premières. Date butoir des parlementaires: le 10 mai.
Peut encore mieux faire. Dans un rapport publié hier, Finance Watch salue le travail que Bruxelles a accompli pour encadrer les instruments financiers, via la réforme de la MIF. Néanmoins, l'association, qui défend l'idéal d'une finance au service de l'économie réelle, propose d'aller plus loin, notamment en matière de régulation du trading à haute fréquence (HFT) et des échanges sur les matières premières.
Una manière pour les membres d'apporter leur pierre dans ce grand chantier qu'est MIF 2. Les parlementaires européens ont jusqu'au 10 mai pour déposer des amendements au texte dont les mesures doivent venir consolider celles définies dans MIF 1, née en 2007. Les négociations tripartites débuteront une fois que les parlementaires et les ministres des Finances auront respectivement adopté un compromis, ce qui ne devrait pas avoir lieu avant juillet, étant donné le nombre de pommes de discorde.
Pour ce qui est du trading à haute fréquence, qui représente plus de 60% du trading actions aux Etats-Unis et 40% en Europe, l'association propose quelques mesures très concrètes pour éviter de nouvelles déconvenues. Il s'agit d'imposer des apports de liquidité aux traders de cette industrie, qui bénéficient d'un abattement de plus de 30% de leurs transactions. Car selon Finance Watch, le secteur n'apporte pas de liquidité "pour la simple raison que la latence moyenne des ordres est de trois millisecondes".
Les auteurs voudraient également faire payer plus si quatre ordres ne débouchent pas au moins sur une transaction. Dans l'idéal, les ordres devraient durer au moins une seconde. Enfin, elle voudrait aussi interdire l'accès privilégié aux carnets d'ordres des opérateurs (DEA).
Les dérivés, traités dans la section des matières premières et du "dark trading", ne sont pas en reste. L'association ne remet pas totalement en cause l'apport de la spéculation dans le secteur des matières premières. Toutefois, elle considère que les produits dérivés tirent les prix vers le haut, alors même que l'offre et la demande ont relativement peu évolué. Afin d'y remédier, elle propose qu'un participant ne puisse pas avoir une position spéculative supérieure à 2,5% du marché total. Interdire tous les produits qui répliquent un indice de matières premières pourrait également contribuer à rétablir une certaine stabilité.
Finance Watch propose également de réduire les transactions de gré à gré en définissant celles qui peuvent l'être. D'ailleurs la proposition de Bruxelles de créer une nouvelle catégorie, les OTF (organised trading facilities), n'obtient pas l'adhésion de l'organisation, qui argue qu'elle pourrait aussi nuire à la formation des prix.
Afin de protéger les investisseurs et les employés, Finance Watch préconise enfin de multiplier les clauses permettant d'éviter les conflits d'intérêts. Elle souhaiterait aussi renforcer le pouvoir de l'Esma, en lui permettant d'interdire de façon temporaire ou permanente certains produits, pratiques ou services lorsqu'elle le juge nécessaire.
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17/09/2021 - 10:31

