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Politique économique
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Faut-il craindre un hard-landing chinois ?

La Chine a dévoilé hier soir une production industrielle nettement inférieure aux attentes pour le mois d’août, tandis que les investissements sont à un plus bas depuis 2008. Les autorités ont accueilli la nouvelle sans inquiétude, preuve qu’elles ne devraient pas intervenir outre-mesure pour stimuler la croissance.
Grande muraille de Chine
Grande muraille de Chine

La Chine prépare tranquillement sa transition économique d’un modèle majoritairement exportateur vers un système davantage tourné vers la demande intérieure et la consommation. Ce qui explique que les chiffres médiocres de la production industrielle et de l’investissement publiés hier n’aient pas inquiété les autorités, décidées à moins intervenir qu’autrefois pour soutenir leur croissance. Ainsi, la production industrielle a fortement ralenti au mois d’août pour atteindre 6,9% contre 9% sur un an et alors que les analystes avaient prévu une hausse de 8,8%. Sachant que ce ralentissement a concerné l’ensemble des 18 principaux secteurs industriels.

Cette chute de la production industrielle résulte directement de la baisse des investissements, selon Wei Yao, analyste à la Société Générale, puisqu’ils ont ralenti de 16,5% sur un an, soit leur plus bas niveau depuis 2008. L’investissement immobilier est passé de 11,9% à 9,9%, avec un recul particulièrement important dans l’investissement résidentiel (passé de 11,5% à 6,9%). Autre indicateur du ralentissement de l’économie chinoise, les chiffres de la croissance de la masse monétaire dévoilés par la Banque centrale chinoise la semaine dernière : celle-ci a augmenté de 12,8% sur un an en août contre 13,5% en juillet tandis que la hausse du crédit est tombée à son plus bas niveau depuis mi-2006, à 14,9%. Le signe, selon l’analyste que les banques sont en train de poursuivre leur deleveraging, avec notamment une diminution des prêts immobiliers. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle et signifie que la bulle du crédit est progressivement en train de se résorber, qui était l’un des objectifs des autorités chinoises.

Il  semble pourtant difficile dans ces conditions, que la Chine atteigne son objectif de croissance de 7,5% cette année. La plupart des économistes ont d’ailleurs revu leurs prévisions à la baisse, RBS estimant ainsi que le PIB du pays devrait croitre de 7,2% contre 7,6% estimé de même que Barclays (contre 7,4% au paravant). Si le premier ministre Li a déclaré la semaine dernière que le gouvernement ne pouvait « uniquement compter sur des politiques de relance pour faire marcher le moteur chinois », il devrait cependant mettre en place un nouvel arsenal d’investissement pour éviter un hard landing, estiment les analystes. Le seul risque serait qu’il sous estime les besoins du pays pour relancer la croissance et que ses mesures soient insuffisantes pour atteindre les 7%, estime un analyste de ANZ à Hong-Kong. « Le discours de Li à Davos la semaine dernière marque un véritable tournant ; il ne s’est pas du tout dit inquiet de la baisse du crédit et de la croissance monétaire, ce qui montre que la Chine ne veut plus dépendre de la création monétaire pour faire tourner son économie, » explique encore Wei Yao. «La tonalité même du discours était changée et le premier ministre a été moins affirmatif concernant l’objectif des 7,5% ». Après un mini paquet de réformes mis en place au printemps, les autorités chinoises entendent désormais montrer qu’elles n’interviendront pas outre mesure d’ici à la fin de l’année.

Il faut cependant espérer que le ralentissement ne soit pas trop brutal, et que les chiffres s’améliorent au dernier trimestre. Car le ralentissement chinois risque sinon de peser sur l’Europe, dont les perspectives de croissance sont déjà très faibles.

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