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Chine : le régulateur boursier n'a pas réagi à temps

Les mesures prises par la China Securities Regulatory Commission pour tenter d’enrayer la baisse du marché ont pour le moment mal fonctionné. Son président Xiao Gang, serait sur la sellette, s’il ne parvient pas rapidement à stopper l’effondrement de la Bourse.
Bourse Shanghai
Bourse Shanghai

Les Bourses de Shanghai et Shenzhen ont repris quelques couleurs aujourd’hui, remontant respectivement de 6% et 3,7% sur la séance, après avoir perdu 60% et 39% depuis la mi-juin. Principale raison de cette remontés des indices, l’annonce hier par l’autorité de régulation des marchés boursiers chinois (CSRC) de l’interdiction pour les actionnaires détenant des participations supérieures à 5% dans des sociétés chinoises cotées, de vendre leurs titres pendant une période de six mois. Les investisseurs étrangers détenant des titres dans des sociétés cotées sur l’une des deux Bourses seront également concernés par cette décision.

Pourtant, si cette interdiction a visiblement permis de faire remonter les indices aujourd’hui, les dirigeants de la CSRC seraient la sellette s’ils ne parviennent pas rapidement à enrayer krach, selon des rumeurs circulant dans le milieu financier chinois. Il faut dire que jusqu’à présent leurs décisions ont plutôt contribué à amplifier le mouvement de panique sur le marché, avec une série de mesures désordonnées qui n’ont pas du tout eu l’effet escompté. « Les mesures comme la limitation du short selling ou le fait de se concentrer sur le soutien à une certaine catégorie de valeurs étaient mauvaises », estime Frédéric Leroux, gérant global chez Camignac Gestion. Les autorités de régulation sont confrontées à la tâche délicate de tout faire pour maîtriser le marché sans donner pour autant l’impression de sur-réagir.

Une partie de la communauté financière chinoise estime aussi que le CSRC ne possède pas l’expérience suffisante pour gérer ce genre de situation boursière : selon le rapport annuel de l’institution, les 3176 membres du CSRC ont 36 ans en moyenne et ont encore assez peu de connaissance des marchés financiers internationaux. Ensuite, ce matin, une équipe emmenée par le vice-ministre de la Sécurité publique chinoise s’est rendue dans les locaux du régulateur boursier pour prendre connaissance d’éléments suggérant des ventes à découvert « d’actions malveillantes ». Ce qui devrait également alimenter la suspicion à l’égard du gendarme boursier chinois.

Son directeur Xiao Gang est pourtant un vétéran de l’industrie financière, ayant passé dix ans à la People Bank of China, la banque centrale du pays, avant de prendre la tête du CSRC en 2013. Mais il passe du même coup d’une banque à l’organisation et au fonctionnement bien huilé à une institution plus compliquée à gérer. Ce qui selon certains pourrait expliquer pourquoi il a tant tardé à réagir face à la formation de la bulle financière chinoise. Car c’est l’un des principaux reproches qui lui est fait, de ne pas avoir réagi à temps, alors que la Bourse s’envolait (+150% en dix mois) et d’avoir notamment limité les appels de marge pour empêcher les petits actionnaires de spéculer, trop tardivement.

Autre difficulté pour le CSRC, qui mène bataille contre les spéculateurs, le fait de devoir décider de concert avec la banque centrale chinoise et les autorités du pays, qui ont encore du mal à coordonner leur action. Quoi qu’il en soit, le régulateur sera le premier visé si le krach se prolonge. Sachant que la contagion aux autres marchés asiatiques dépendra en très grande partie de la rapidité avec laquelle les autorités parviendront à l’enrayer, selon les gérants de Carmignac. Il faut donc espérer que l’annonce d’aujourd’hui sera suivie d’autres mesures plus coordonnées, permettant de restaurer la confiance et la crédibilité des investisseurs chinois dans leurs régulateurs et dirigeants.

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