[WARNING] Undefined array key "auteurEdito"
  in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php (line 142)

Warning: Undefined array key "auteurEdito" in /home/wansquare/protected/helpers/seo_fonctions.php on line 142
Mnuchin et le dollar faible, à rebours de la tradition a... | WanSquare
WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie / Devises

Macro-économie / Taux
Macro-économie / Devises

Mnuchin et le dollar faible, à rebours de la tradition américaine

Le secrétaire d'Etat au Trésor américain a vanté les mérites d'un dollar faible, hier soir, lors du forum de Davos, faisant grimper l'euro et le métal jaune en flèche. Des propos peu communs de la part d'un représentant de l'Etat américain, la devise du pays étant généralement présentée comme forte. 
Steven Mnuchin
Steven Mnuchin

Les propos du secrétaire d'Etat au Trésor américain Steven Mnuchin hier lors du forum de Davos, sur le dollar faible, ont fait l'effet d'une petite bombe parmi les participants ainsi que sur le marché des devises. L'ancien cadre de Goldman Sachs a déclaré : "Evidemment un dollar plus faible est bon pour nous, c'est bon car cela favorise le commerce et les opportunités". Le billet vert, qui avait déjà perdu plus de 14% l'an dernier contre l'euro, n'a pas tardé à réagir à la baisse, pour atteindre son plus bas niveau depuis décembre 2014 contre la monnaie unique. Les marchés ont effectivement interprété les paroles du secrétaire d'Etat comme le signal de la volonté politique des USA de laisser filer leur monnaie pour booster leurs échanges. L'euro/dollar se traitait ainsi ce matin autour de 1,2422, contre 1,2217 le 19 janvier. Et sur un an, la hausse de l'euro contre le billet vert représente désormais plus de 15,5%. Le métal jaune a également réagi à la hausse, à 1.357 dollars l'once, contre 1.245 dollars fin décembre, l'or retrouvant son statut de valeur refuge, face au risque d'un billet vert affaibli. 

La présidente du FMI Christine Lagarde n'a pas tellement apprécié les propos de Steven Mnuchin, l'invitant à clarifier sa pensée sur le sujet. "Le dollar est une devise flottante, dont la valeur est donc déterminée par les marchés et les fondamentaux économiques des Etats-Unis", a-t-elle affirmé lors d'une interview sur Bloomberg TV, à Davos. "J'espère vraiment que Steven Mnuchin va spécifier ce qu'il voulait vraiment dire". 

Les déclarations du secrétaire d'Etat ne devraient pas tellement arranger le président de la BCE non plus, lui dont la réunion des gouverneurs se tient  aujourd'hui, et qui doit donner un peu plus de détail sur le calendrier du tapering. Dans une note publiée aujourd'hui, S&P a justement affirmé que la force de l'euro pourrait retarder le retrait des marchés par la BCE. 

"Mari Draghi tentera probablement de modérer l’anticipation actuelle des marchés qu’une hausse des taux devrait intervenir début 2019, voire fin 2018", affirme ainsi Marion Amiot, économiste senior chez S&P Global Ratings. "L'inflation globale en zone euro serait aujourd'hui supérieure de 0,7 point de pourcentage, et donc plus proche de l'objectif de la BCE, si l’euro ne s’était pas autant apprécié depuis la mi-2017".

Steven Mnuchin a tout de même ajouté qu'"à long terme, la force du dollar est le reflet de l'économie américaine. Il continue d'être la principale devise en tant que monnaie de réserve". Des propos plus proches de ceux que tiennent habituellement les secrétaires d'Etat au trésor américain, traditionnellement défenseurs d'un dollar fort et reflet d'une économie puissante. Mais Steven Mnuchin a bien précisé que cela serait le cas à long terme, laissant penser que la Maison Blanche pourrait encourager le maintien d'un dollar faible dans les prochains mois. Ce qui ne manquera pas de faire réagir le président Mario Draghi lors de la conférence de presse cet après-midi.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article