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Sur les marchés
L'Etat se dépêche de finir ce qu'il a commencé
L’Etat se dépêcherait-il de finir de mettre en œuvre ce qu’il avait décidé avant que le futur locataire de l’Elysée ne vienne éventuellement tout balayer ? C’est un peu l’impression que l’on a en voyant toutes les récentes annonces en provenance de Bercy. Il y a quelques semaines, l’APE vendait ainsi encore un paquet de titres Engie pourtant au plus bas en Bourse. La méga augmentation de capital de 4 milliards d’euros d'EDF a été lancée au début du mois, l’Etat ayant confirmé qu’il apporterait 3 milliards d’euros de sa poche. On devrait d’ailleurs bientôt avoir les résultats de la part offerte au public, l’opération s’étant terminée le 21 mars.
Hier, on apprenait que l’APE avait vendu sa participation dans PSA au prix fort à Bpifrance, une autre entité publique. Mais l’opération permet de dégager une très belles plus-value (de 1,12 milliard d’euros), l’Agence ayant revendu ses titres, acquis il y a trois ans, 1,9 milliard d’euros à la Banque de Nicolas Dufourq, qui va maintenant espérer que le cours du constructeur automobile suive le même chemin ces prochains mois.
Et ce matin, le Journal Officiel donne un coup d’accélérateur à la recapitalisation d’Areva TA. Le document public annonce en effet que la nationalisation de cette entité spécialisée dans les systèmes de propulsion nucléaires de la marine française, est autorisée, pour un montant compris entre 253,6 et 281,3 millions d'euros. Le rachat de cette activité est jugé stratégique par l'Etat français. Comme prévu, l'Agence des participations de l'Etat prendra donc une part majoritaire de 50,32%. De son côté, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) entrera aussi au capital à hauteur de 20,32%, mais ne déboursera pour cela que 4,5 millions d'euros, selon un second arrêté publié également ce jour au Journal officiel. Les 30% restants seront partagés entre le constructeur naval DCNS qui montera de 6,5% à 20% du capital, et EDF qui conservera environ 10%. La société était jusqu'à présent détenue à 83,5% par Areva.
Si l’Etat semble se dépêcher ainsi c’est bien dans l’optique de finaliser au plus vite sa vision de la filière nucléaire de la France. Stratégie monstrueusement coûteuse puisqu’il est donc en train d’apporter 3 milliards d’euros à EDF en vue de l’aider à construire les EPR britanniques d’Hinkley Point alors que le sauvetage d’Areva devrait lui coûter au total 4,5 milliards. Reste à voir si tous les projets en chantier iront jusqu’au bout. EDF comme Areva ont, de toute façon, un besoin vital de fonds propres. Et l’énergéticien est aujourd’hui trop avancé contractuellement pour faire machine arrière dans le cadre de son dossier britannique.
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