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Rachats d'actions : les dirigeants des entreprises du Footsie ont fait des affaires

De nombreux dirigeants du FTSE 100 et 250 ont racheté des titres de leur propre société post Brexit, afin de contrecarrer l'effondrement boursier. Grand bien leur en a pris puisque les indices britanniques des 100 et 250 plus grosses entreprises du pays ont repris 10% et 12% depuis leur point bas du 27 juin.
Bourse de Londres
Bourse de Londres

La résilience des marchés financiers depuis le référendum britannique a surpris l'ensemble de la communauté financière, qui anticipait un effondrement boursier durable si les Anglais décidaient de sortir de l'UE. Mario Draghi lui-même lors de sa dernière conférence de presse a souligné la résistance des places financières depuis le 23 juin, permise selon lui par l'intervention coordonnée des banques centrales mondiales. "Le footsie s'est plutôt bien comporté depuis le 23 juin, notamment parce que 70% des bénéfices des entreprises qui le composent proviennent de l'étranger", explique de son côté Paul Jackson, économiste en chef de Source. Pourtant, le Footsie 250, dont la composition est beaucoup plus domestique et donc davantage sujette aux risques de récession britannique, a également bien performé depuis un mois.

Une bonne nouvelle pour les dirigeants de ces entreprises, qui sont massivement intervenus pour racheter des titres de leur société depuis le 23 juin, afin de soutenir le cours de leur entreprise. Ainsi, selon des données compilées par Olivetree Financial et dévoilées par le Financial Times, les dirigeants du FTSE 100 et 250 ont dépensé pour plus de 18,5 millions de livres en rachat d'actions de leurs entreprises sur le mois qui a suivi le référendum, ce qui représente le plus fort montant racheté par des patrons depuis au moins dix ans. Les dirigeants qui sont intervenus le plus tôt, en plein marasme boursier, ont été depuis largement récompensés de leur bravoure : le Footsie 100 a gagné 10% depuis son point bas du 27 juin, tandis que le FTSE 250 a de son côté repris 12% et retrouvé ses niveaux de pré-Brexit.

Les achats se sont concentrés sur la première semaine post Brexit, où 14 millions de livres de titres ont été acquis, alors que les entreprises des secteurs les plus exposées au Royaume-Uni, les financières, l'immobilier et les biens de consommation, ont subi un violent mouvement de baisse. Tony Pidgley, CEO du groupe immobilier résidentiel Berkeley Group, s'est ainsi fait remarquer en rachetant à lui seul pour 800 000 livres de titres de son entreprise, qui a depuis repris 15% en bourse.

Au total, 69 responsables ou directeurs de 23 entreprises du FTSE 100 traquées par Olivetree Financial, sont intervenus sur les marchés pour racheter des actions de leur société. Parmi les cinq entreprises qui ont le plus bénéficié du soutien de leurs patrons en bourse, figurent notamment Provident Financial, dont 7 directeurs ont racheté pour 1,33 million de livres de titres, et Vodafone, dont 5 responsables sont intervenus en bourse en achetant pour 1,39 million d'actions de l'opérateur téléphonique.

Du côté des dirigeants des entreprises du Footsie 250, les rachats d'actions ont atteint 8 millions de livres entre le 23 juin et le 23 juillet, contre 10,4 millions pour ceux du FTSE 100. Ils ont en revanche été plus nombreux encore que les patrons de l'indice principal, puisque 108 directeurs ont décidé de soutenir leur entreprise en bourse et particulièrement celles dont le secteur était le plus affecté. Ainsi les rachats de titres dans l'immobilier ont représenté près d'un tiers des transactions, tandis que ceux dans le domaine de la grande consommation ont atteint 12% des volumes. La compagnie aérienne Wizz Air ou encore le constructeur immobilier Galliford Tree ont ainsi été massivement rachetées.

Les achats de titres par les propres patrons eux-mêmes sont généralement un bon indicateur du réel prix de marché des entreprises pour le reste des investisseurs, les dirigeants étant sans doute les mieux placés pour connaître la valorisation de leur business. Ce qui pourrait inciter les investisseurs plus frileux à suivre le même chemin dans les prochaines semaines, estiment les analystes. Mais tout dépendra cependant de ce que feront les dirigeants dans les prochaines semaines et si certains commencent à prendre leurs bénéfices. Sachant que, selon Paul Jackson, les bourses sous-estiment encore l'impact qu'aura l'effondrement potentiel du marché domestique sur les entreprises. Selon lui, le Footsie 250 pourrait ainsi connaître un sérieux contre-coup dès que les premiers signes de contraction de l'économie britannique apparaîtront. Il faudra pour cela attendre la publication du PIB du troisième trimestre courant octobre et surveiller de près la publication des indices manufacturiers, pour estimer les conséquences du Brexit sur l'économie du pays, et sur ses entreprises.

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