Régulation / Concurrence / Régulation
Régulation / Concurrence
Régulation
Le casse-tête du coût de la recherche sous Mifid II
L’arrivée prévue le 2 janvier prochain de Mifid II devrait révolutionner les modèles existants au sein des sociétés de gestion et des brokers. L’analyse financière, délivrée par les brokers ou les banques et jusqu’ici gratuite et incluse dans l’ensemble des services offerts aux gérants, devra être évaluée, et le cas échéant facturée. Cette approche fait partie du souhait de transparence accrue souhaitée par Bruxelles afin d’éviter les conflits d’intérêt et de pouvoir déchiffrer l’ensemble des frais facturés tout au long des processus de transactions. Aujourd’hui, certaines sociétés de gestion ont déjà choisi le mode de distribution de ces analyses auprès de leurs clients, et par conséquent la façon dont sera facturée ou non la recherche.
Ainsi, quelques gérants ont déjà annoncé qu'ils allaient internaliser les frais liés à l'analyse financière et ne plus répercuter aux clients la recherche externe. C’est le cas chez le gérant américain Vanguard. Ainsi, « nous n’allons pas facturer aux investisseurs la recherche externe. Tous les coûts associés seront absorbés par l’activité et non par les clients », a ainsi déclaré le gérant dans un communiqué. Au total, Vanguard estime que cette décision lui coûtera tout de même 5 millions de dollars par an. Il rejoint ainsi les gérants européens ayant déjà fait des annonces dans ce sens : Jupiter Fund Management, M&G Investment ou encore Aberdeen AM et JP Morgan AM. Toutes ces sociétés de gestion ont annoncé souhaiter intégrer le coût de la recherche externe, qu’ils utiliseront désormais avec parcimonie en choisissant seulement celles qui apporteront une réelle valeur ajoutée aux clients. De fait, plusieurs gérants souhaitent renforcer leurs capacités d’analyse interne afin de disposer d’une véritable force de frappe à proposer à leurs clients. D’autres établissements financiers, dont les établissements français, n’ont pas encore pris de décisions fermes sur l’approche qu’ils allaient adopter, et ce même si le temps presse.
Du coté des cabinets de recherche indépendants, les choses sont elles aussi très compliquées. Ils n’ont pas d’autres choix que d’imposer un prix par type de recherche, ce qu’ils font depuis toujours, cela étant leurs seules ressources financières. A titre d’exemple, le cabinet britannique Autonomous Research tarifie sa recherche entre 1000 dollars pour un rapport d’analyse sur une valeur, et 5000 dollars pour une analyse sectorielle. Spécialisée dans les valeurs financières, Autonomous Research facture aussi 5000 dollars par utilisateur pour accéder à ses briefings quotidiens. Le prix reste dégressif en fonction du nombre d’utilisateurs qui achètent l’offre. Mais pour répondre aux exigences de Mifid II et continuer à proposer des analyses à leurs clients, la société a prévu, outre le forfait annuel, différentes options. Ainsi, pour une simple lecture de ses analyses européennes, la société facturera 50.000 dollars. Ce prix doublera si le client souhaite parler à un vendeur et le forfait ira jusqu’à 300.000 dollars pour pouvoir parler à l’analyste auteur de l’étude. Un coût conséquent pour tout intervenant sur le marché.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

