Parlementaires schizophrènes (suite)
Le plan de rigueur sera examiné par les députés à partir de demain. Les voilà qui veulent maintenant taxer les brevets plutôt que les résidences secondaires.
Pour nos chers députés, les loisirs de leurs administrés semblent décidément bien plus importants que l'avenir du pays. Ils sont sur le point d'obtenir qu'il n'y ait pas de relèvement du taux de TVA sur les parcs d'attraction. Mesure qui devait rapporter 90 millions d'euros dans les caisses de l'Etat et qui sera sans doute compensée par un durcissement de la contribution exceptionnelle demandée aux super-riches. Cela signifie que pour nos parlementaires les plus remuants, les RTT passées par les français dans les manèges comptent bien plus que les efforts faits par les cadres dirigeants pour dynamiser la croissance du pays !
Mais ce n'est pas tout. Les voilà qui veulent désormais amender le projet visant à taxer les plus-values sur la vente des résidences secondaires ou du foncier locatif. Le projet élaboré par Valérie Pécresse, François Baroin et François Fillon était susceptible de ramener 2 milliards d'euros en année pleine au Trésor. C'est donc une affaire bien plus délicate à régler que celle des parcs d'attraction. La seule solution qui a été imaginée, jusqu'à présent, pour trouver des recettes de substitution, est une surtaxation des brevets déposés par les entreprises françaises. C'est-à-dire que pour soulager la fiscalité des résidences secondaires, qui sont par nature du capital improductif, d'aucuns songent à s'en prendre à ce qui est le moteur de l'innovation en France, et donc l'une des conditions de sa croissance future.
Bien sûr tout n'est pas joué, et la discussion parlementaire va être l'occasion, pour le gouvernement, de faire valoir ses arguments. Il sera notamment intéressant de voir comment Valérie Pécresse, qui a installé avec intelligence le Crédit impôt-recherche, afin de stimuler l'innovation dans le pays, se battra contre ces initiatives dangereuses à l'égard des brevets.
Il reste que le signal envoyé par les parlementaires, à l'occasion de ces manoeuvres intempestives, est doublement dangereux. D'abord parce que nos députés et sénateurs montrent, à chaque fois qu'ils en ont l'occasion, une morbide préférence en faveur de la France des loisirs et des RTT, aux dépens de celle qui travaille, qui crée, qui invente et qui prépare l'avenir. Ensuite et surtout, parce qu'en agissant de la sorte, ils décrédibilisent le débat si important sur l'instauration d'une règle d'or, afin de limiter le déficit budgétaire. Que vaudrait un tel garde-fou s'il est appliqué sans souci de l'avenir du pays et de la croissance. Et quel crédit accorder à ceux qui portent ce projet, quand au même moment, un ancien Premier Ministre fait une affaire d'Etat à propos de la TVA sur les manèges...?
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi
17/09/2021 - 10:31

