WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Jeux de hasard

La valorisation retenue pour l'introduction en bourse du Groupe Lucien Barrière est excellente pour les investisseurs mais beaucoup moins pour Accor qui va céder ses 49%.
On ne peut pas plaire à tout le monde. Pour séduire les investisseurs, Accor et les banques chargées de l'introduction en bourse de Groupe Lucien Barrière ont retenu une fourchette de valorisation plutôt modeste. Le groupe dirigé par Gilles Pélisson a ainsi de bonnes chances d'accélérer son désendettement en récupérant environ 300 millions d'euros dans quelques semaines. Mais, c'est moins que la valeur de la participation dans GLB dans les comptes d'Accor qui est de 332 millions. La totalité du groupe Barrière est en effet évaluée aujourd'hui entre 575 et 700 millions d'euros, soit de 16,1 à 19,6 euros par action. De ce fait, Accor qui va céder entre 42,6% et 49% du capital selon que la surallocation sera exercée ou non ne touchera que 261 à 300 millions, si l'opération se fait dans le milieu de la fourchette. Ce prix est notamment très inférieur aux 15% rachetés par Accor à Colony, début 2009, dans le cadre de l'exercice d'un put sur la base d'une valorisation d'un milliard pour l'ensemble de GLB. Certes, la crise est passée par là, mais il est clair que le sacrifice consenti par le vendeur pour assurer le succès de l'introduction dans une conjoncture délicate peut satisfaire les éventuels acheteurs. Affecté par la désaffection qui a touché les casinos comme les hôtels, Groupe Lucien Barrière bénéficie aujourd'hui d'une embellie. Sa marge brute d'exploitation devrait ainsi remonter de 3 points cette année pour atteindre 23% et presque retrouver le niveau de 2007 (23,5%). A cette époque cela avait permis de dégager un bénéfice net de 37,4 millions d'euros. Comme le PDG Dominique Desseigne vient de porter de 40 à 50% minimum du résultat le montant du futur dividende, cela laisse escompter un rendement très convenable de 2,7 à 3,3% selon que le prix de l'action sera dans le haut ou le bas de la fourchette. Comme par ailleurs GLB table sur une poursuite de la reprise avec une croissance annuelle du chiffre d'affaires de 5% et une marge brute de 27% en 2013, le prix peut sembler attrayant. D'autant que, outre son prochain développement dans le secteur en croissance des jeux en ligne, GLB possède de solides actifs immobiliers avec la pleine propriété de prestigieux palaces et casinos à Deauville, La Baule, Nice ou en Suisse. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que Dominique Desseigne dont la famille possède 51% du capital ait décidé de se renforcer en investissant plus de 12 millions d'euros pour acheter 2% du capital au prix d'introduction.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article