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La frénésie des IPO chinoises, aubaine ou menace ?
Après les licornes de la Silicon Valley, celles de l’Empire du Milieu. De nombreuses start-up chinoises se sont positionnées pour lancer leur introduction en Bourse à Hong Kong ou New York, suivie d’une IPO locale grâce au nouveau plan des autorités chinoises pour ce faire, mais leur sort dépendra de l’accueil réservé aux premières d’entre elles. Et notamment la plus grosse jeune pousse du pays Xiaomi, l’Apple chinois, qui a déposé son document d’introduction à la Bourse de Hong Kong et pourrait lever 10 milliards de dollars, pour une valorisation totale de 70 à 80 milliards de dollars, certes moins que les 100 milliards évoqués au départ. Elle servira de baromètre concernant l’appétit des investisseurs, dans un marché devenu bien plus volatil et où les IPO tech récentes n’ont pas très bien performé.
Ainsi depuis début 2017, sur les 16 entreprises tech ou Internet asiatiques qui ont levé au moins 100 millions de dollars lors de leur IPO à Hong Kong ou New York, 12 titres s’échangent aujourd’hui en dessous de leur cours d’entrée, selon les données de Dealogic. Cela dénote clairement avec le reste des secteurs car les introductions en Bourse sont en moyenne en hausse de 32% et de 22% à Hong Kong et New York depuis début 2017. Et tout récemment, l’accueil réservé à la plus grosse IPO de l’année pour la filiale américaine d’Axa, Axa Equitable, a été très frileux puisqu’elle a dû revoir son prix d’entrée à la baisse à 20 dollars, contre une fourchette de 24 à 27 dollars.
Il faut dire que les dernières semaines ont apporté leur lot de rebondissements au plan géopolitique, avec la sortie des Etats-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran et la menace de guerre commerciale avec la Chine, mais aussi le programme de normalisation monétaire de la Fed, qui a fait flamber la volatilité en février. Comme Xiaomi, les start-up à succès chinoises comme le service de streaming musical Tencent Music, le Uber chinois Didi Chuxing et la plateforme de services en ligne Meituan-Dianping, qui valent chacune plus de 30 milliards de dollars sur le marché privé. De très grosses opérations à placer donc, et qui devront prendre en compte l’orientation des marchés avant de se lancer.
De mauvaises entrées en Bourse peuvent néanmoins se transformer en success stories comme Facebook en témoigne, le titre du réseau social ayant chuté de moitié avant de rebondir en Bourse en 2012, et de peser aujourd’hui près de 540 milliards de dollars de capitalisation boursière, malgré ses déboires récents. Et le comparable Apple continue son envolée boursière et tutoie désormais les 1.000 milliards de dollars de capitalisation, après avoir triplé de valeur en cinq ans. Les institutionnels ont en outre montré de plus en plus d’intérêt pour investir en privé dans ces licornes, et pourraient apporter des ordres solides lors des IPO. Le timing sera donc crucial dans un paysage très changeant, mais une chose est sure, les banques d’investissement rivalisent d’arguments pour obtenir les mandats de ces potentielles juteuses opérations.
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