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Le futur président de l’AMF mise sur l’Europe

Robert Ophèle était auditionné aujourd’hui devant la commission des finances du Sénat. Il a abordé les sujets qui l'attendent à l’AMF, notamment dans le contexte du Brexit avant de répondre à des questions plus précises.
AMF - Autorité des marchés financiers
AMF - Autorité des marchés financiers

Le candidat proposé par le Président de la République à la succession de Gérard Rameix, président de l’AMF, passait son grand oral aujourd’hui devant la commission des finances du Sénat. Robert Ophèle, actuellement second sous-gouverneur de la Banque de France, devait ainsi montrer sa connaissance tant des sujets qui l’attendent que sur les grands enjeux auxquels il devra faire face lorsqu’il entrera dans les murs de l’immeuble opposé au Palais Brogniart. « Il est clair que l’AMF doit faire face à deux changements majeurs qui se développent : l’environnement financier français, où on a tendance à reporter le risque sur l’investisseur plutôt que sur les intermédiaires, mais aussi l’objectif d’Union des marchés financiers », a-t-il ainsi débuté son exposé. Sur le premier point, il a rappelé la volonté politique de favoriser l’investissement à long terme au détriment de la liquidité si besoin, soulignant ainsi le rôle croissant des unités de comptes, des euro PP ou encore du crowdfunding en France. Du côté européen, l’UMC est évidemment au centre des discussions, souhaitant ainsi, à l’occasion du Brexit et de la construction de cette nouvelle union financière, placer l’AMF en tant que régulateur de référence en Europe, tout en renforçant les pouvoirs de l’ESMA (le régulateur européen). Il met ainsi en avant la nécessité d’une collaboration tant nationale, qu'européenne et internationale. « Dans cinq ans, le système financier sera plus direct et plus européen. Il faut donc une véritable coordination de toutes les institutions publiques », a-t-il ainsi martelé.

Viennent ensuite les questions des différents membres de la commission des finances. A cette occasion, Robert Ophèle a rappelé que pour disposer du passeport européen, les sociétés financières souhaitant s’installer en Europe en provenance du Royaume-Uni, devront avoir une véritable présence physique, et un centre de maîtrise des risques. Et dans le cadre du Brexit : « Il existe au niveau européen une reconnaissance de pays tiers. Mais il est clair qu’il faut le revoir de manière brutale ce régime, car jamais ce statut spécifique n’avait été envisagé pour un pays aussi proche », a-t-il ainsi indiqué, parlant notamment du sujet sensible des chambres de compensation en Europe. Par ailleurs, interrogé sur la réglementation que les fintechs pourraient se voir appliquer, il a renouvelé la position française en la matière, tant du côté de l’ACPR que du côté de l’AMF : « le bac à sable n’est pas compatible avec le système européen », renouvelant la nécessité de travailler sur un cadre réglementaire pour assurer le développement des fintechs.

Tout en répondant à une question sur son budget, le futur président de l’AMF en a aussi profité pour rappeler qu’il y avait 110 millions de dépenses mais aussi de revenus. « Si on laisse le plafond à 94 millions d’euros, l’AMF devra réduire ses effectifs, à l’heure où tous les pays augmentent leurs ressources humaines consacrées à la régulation ». A titre d’exemple, la Grande-Bretagne compte 4500 personnes dédiées à la supervision bancaire et financière, 3000 en Allemagne et que 1500 en France. Rappelant là encore la nécessité de disposer aussi de ressources supplémentaires pour suivre les évolutions technologiques, notamment sur le trading à haute fréquence.

Enfin, répondant au scepticisme d’un des sénateurs sur la lenteur de la construction de l’UMC, il a rappelé que l’Europe était en fait l’avenir et que cela avançait malgré tout vers une construction à long terme. « Plusieurs sujets que les Européens ne voulaient pas traiter sont désormais sur la table pour faire avancer les choses », rappelle-t-il. Citant ainsi le droit à la faillite qui nécessite une convergence, la nécessité d’avoir des normes comptables identiques mais aussi le lancement de produits d’épargne européens à long terme comme le LTIF (long term investment fund) ou encore le PEPP (pan european personal pension product). Sur ce dernier produit, récemment annoncé par la Commission, « même si le projet qui est sur la table ne va pas, il existe des initiatives sur les produits d’épargne », insiste-t-il. Au final, rien de très nouveau dans son approche, si ce n’est une dimension européenne déjà lancée par son prédécesseur et qui de manière logique devrait s’accentuer dans le cadre du Brexit et du rôle croissant de l’Europe dans la finance internationale. 

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