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L'Idi bat les Goliath du private equity français
A la surprise générale, l'IDI est entré en négociations exclusives pour racheter AGF PE et diversifie ses activités. Une solution diplomatique et sécurisée pour Allianz.
Quand un mandat de vente tel que celui donné par Allianz pour la cession d'AGF PE agite l'opinion publique, difficile pour les candidats de ne pas être révélés au grand jour. C'est la belle performance que vient de réaliser l'Idi, fonds d'investissement coté sur Eurolist C, qui vient de remporter les négociations exclusives avec l'assureur allemand. L'information a d'autant plus surpris que le marché s'attendait à un accord entre les acteurs de poids du secteur, comme Axa, Crédit Agricole ou Oddo. En lice depuis le début du process, l'Idi a pourtant coiffé sur le poteau ses concurrents, en faisant l'offre la mieux-disante parmi les cinq finalistes, au plan financier comme au plan industriel. La transaction serait valorisée une trentaine de millions d'euros.
Curieux choix du repreneur, d'autant que l'Idi n'est pas présent dans les deux activités d'AGF PE: les fonds de fonds (2 milliards d'euros sous gestion) et le capital-risque (500 millions d'euros). La société d'investissement emmenée par Christian Langlois-Meurinne s'est spécialisée dans les opérations de LBO, capital-développement et PIPE en France, de cap-dév dans les pays émergents et de financement mezzanine. L'argument de la diversification a pourtant été un atout auprès d'Allianz, lorsque le marché tablait sur une reprise par Axa PE et une fusion des deux bureaux dans la douleur. Ici, autonomie et préservation des deux équipes seront assurées. En sa qualité de groupe coté, l'Idi n'est pas contraint par un délai d'investissement. Une liberté de manoeuvre appréciée du côté d'Allianz, qui apporte un milliard d'euros géré par les véhicules AGF à l'équipe fonds de fonds.
L'Idi recherchait quant à lui l'enveloppe de 1,5 milliard d'euros apportée par les tiers - institutionnels et particuliers - à AGF PE. Car le fonds, touché lors de la crise par des investissements risqués dans des hedge funds et le rachat de dettes LBO, s'est depuis serré la ceinture. Pas de nouvel investissement en private equity depuis septembre 2008, reconstitution de 80 millions d'euros de trésorerie auxquels s'ajoute la valeur de ses actifs liquides (20 millions d'euros) et ses lignes de crédit non tirées (30 millions). Mais l'acquisition d'AGF PE est l'occasion idéale d'accéder, à moindres frais, à des investisseurs et à la crédibilité d'Allianz-AGF. Sous la bénédiction du vendeur, lui même actionnaire à 5,4 % de l'Idi.
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