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Les évènements du Mali viennent au secours de Hollande
par Yves de Kerdrel

Au moment où la nouvelle majorité va devoir faire face au plus important déferlement de manifestants depuis l'épisode de l'école libre, en 1984, et alors que les sondages d'opinion continuent d'être plus que médiocres pour le gouvernement, l'intervention de l'armée française au Mali peut replacer François Hollande au centre du jeu.
13/01/2013 - 07:40 Temps Lecture 6 mn.
Les évènements dramatiques qui secouent l'afrique saharienne, et notamment le Mali, constituent paradoxalement une parenthèse favorable pour l'Elysée. En décidant vendredi de faire intervenir sans délai l'armée française - qui a déjà subi un mort en l'espace de 24 heures - le Président de la République s'est immédiatement replacé au centre du jeu. Au centre de l'actualité, en tant que chef des armées, seul habilité à prendre une telle décision. Au centre des enjeux politiques, puisque cette intervention, qui va faire l'objet d'un débat parlementaire dés cette semaine transcende les clivages politiques. Au centre de la scène internationale dont il a été largement absent, surtout par rapport à son prédécesseur. Il reste que ces évènements interviennent au meilleur moment pour François Hollande qui se trouve confronté aujourd'hui à la plus grande manifestation de français depuis la mobilisation pour l'école libre de 1984. L'ampleur du mouvement attendu dépasse toutes les attentes, selon les informations du Ministère de l'Intérieur qui redoute que le Champ de Mars, point de convergence des trois convois, soit effectivement rempli. Ce qui signifierait bien la présence d'un million de personnes. MOBILISATION HISTORIQUE AUJOURD'HUI Selon les informations de WanSquare, les déclarations plus que maladroites de Vincent Peillon, il y a une semaine, sur l'école libre, ont mobilisé une frange supplémentaire de la population. Dans certaines régions de France le nombre de cars et de trains affrétés a augmenté de 20 % depuis une semaine, pour répondre à un public plus mobilisé. Et cela même si la question du " Mariage pour tous " pose des problèmes à tous les partis, et commence à lasser. C'est parce que 40 % des électeurs du Front National sont favorables à cette mesure que Marine Le Pen a renoncé à défiler. C'est aussi parce que la mesure divise la droite traditionnelle, que beaucoup d'élus ont tardé avant d'annoncer qu'ils défileraient. Reste à savoir quelle sera la réaction de la majorité. Avec un débat parlementaire qui démarre le 29 janvier, et qui risque d'être brouillé par les discussions sur la procréation médicale assistée et sur la gestation pour autrui. Si François Hollande parvient à contenir sa majorité et éviter des dérapages "éthiques", le débat pourrait s'apaiser. Dans le cas contraire de nouveaux mouvements sont d'ores et déjà prévus. RENCONTRE AVEC L'ERT Du côté de l'actualité économique, l'épisode des 75 % commence à s'estomper. Mais cela ne change rien aux velléités d'exil fiscal. L'accord patronat-syndicats sur la flexibilité intervenu en semaine dernière après d'importantes concessions du Medef - que WanSquare avait laissé envisager la semaine passée - donne une nouvelle bouffée d'oxygène au gouvernement, qui va pouvoir arguer que la démocratie sociale a bien fonctionné, et qu'aucun accord de cette ampleur n'est intervenu depuis trente ans. Il reste que la flexibilité, attendue de cet accord, reste assez symbolique. Et il est encore difficile de mesurer les conséquences concrètes de ce pacte, que ni FO ni la CGT ont accepté de signer. A l'Elysée on continue de surveiller comme le lait sur le feu les indicateurs sur l'investissement et la consommation des ménages. Emmanuel Macron cherche par tous les moyens à faire redémarrer l'investissement et redoute que la panne actuelle dure plus que de raison. C'est ce qui a amené François Hollande à tenir un discours très " business friendly " aux représentants de l'European Roundtable qu'il recevait à petit déjeuner vendredi dernier. MOSCOVICI AU CHEVET DE PSA A Bercy on surveille de très près depuis quelques semaines le dossier PSA-Peugeot-Citroën. Le cabinet de Pierre Moscovici, comme celui d'Arnaud Montebourg redoutent que la consommation mensuelle de cash se soit élevée depuis l'annonce des 200 millions. D'où les appels, à peine voilés, du Ministre de l'Economie à accélérer un rapprochement avec Opel, filiale de General Motors qui est entré il y a moins d'un an au capital de PSA. Selon les informations de WanSquare des " conseils de famille " se tiennent désormais bien plus souvent entre les 51 membres français de la dynastie, tant la situation est grave. Du côté des organisations patronales, après les travaux menés par les premiers groupes de travail de l'Afep, Pierre Pringuet, le patron de Pernod-Ricard et le responsable de ce cénacle rassemblant la centaine de plus grandes entreprises françaises vient de confier à Serge Weinberg, le président de Sanofi, une mission spéciale sur la fiscalité de l'épargne. C'est un sujet auquel l'organisation, créée par Ambroise Roux, attache un soin particulier. Par ailleurs, l'Afep cherche ainsi à se prémunir contre les conclusions du rapport que la députée socialiste Karine Berger doit rendre publiques d'ici la fin du mois. LUC BESSON ENFIN SAUVE Concernant le dossier Vivendi, la situation reste figée concernant Maroc Télécom, dont le prix exigé par le groupe français est supérieur aux trois propositions existantes. Par ailleurs, nouvelle complication : il semblerait que le Brésil souhaite profiter du désengagement de Vivendi pour " renationaliser " cette pépite qu'est GVT. Quant à SFR, il se confirme que la seule solution actuelle, acceptable par l'Autorité de la concurrence, soit un rachat par Carlyle. Et encore sous réserve des synergies qui seraient mises en oeuvre avec Numericable. Ces cafouillages expliqueraient une tension croissante que l'on constate en interne entre Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance, et Vincent Bolloré, le principal actionnaire de Vivendi. Enfin la recapitalisation de la société Europacorp, sur laquelle à travaillé Rothschild & Cie, semble enfin aboutir. Avec une opération en deux temps : une augmentation de capital en nature portant sur l'apport de Blue Advertainment (activités de brand entertainment et de post-production), précédemment détenue par Front Line (pour 85,9%) et Christophe Lambert (pour 14,1%), valorisée 10,3 millions ; une augmentation de capital en cash portant finalement sur 20 millions d'euros, voire plus en vertu d'une clause d'extension. A noter que 14 millions d'euros ont déjà fait l'objet d'engagements de souscription, dont 5 millions émanant de Front Line (la holding de Luc Besson), correspondant au goodwill comptabilisé sur Blue Advertainment. L'appel au marché devrait donc s'élever à 6 millions d'euros. A l'issue de ces deux opérations, la participation de Front Line dans EuropaCorp devrait s'élever à environ 58% (contre62% actuellement), dans l'hypothèse où les 20 millions seraient levés au cours actuel.
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