WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
la chute des marchés fragilise la droite et complique la vie à gauche
par Yves de Kerdrel

La chute historique des marchés, au cours des dix dernières séances, ajoutée à la dégradation de la note des Etats-Unis, montre à quel point le plan de sauvetage de l'euro était construit sur du sable et démontre, l'incapacité de la gauche, à apporter des solutions aux situations de crise.
07/08/2011 - 08:14 Temps Lecture 6 mn.
Arrivé lundi soir en avion au Cap Nègre, Nicolas Sarkozy n'aura finalement savouré ses vacances que pendant deux jours. Dés mercredi, le Chef de l'Etat, en contact permanent avec Xavier Musca, lui même parti en Corse, a pris la mesure de la tourmente qui s'abattait sur les marchés, dans le sillage de la forte hausse des taux de rendement italiens et espagnols. Selon les informations de WanSquare, le Président de la République a eu, mercredi et jeudi deux longs entretiens téléphoniques avec Jean-Claude Trichet, avant de s'entretenir vendredi avec ses homologues italien, espagnol, allemand et même américain, et samedi soir avec David Cameron. Avant de partir en vacances, le Chef de l'Etat avait indiqué à plusieurs de ses interlocuteurs qu'il redoutait cette "période blanche" pendant laquelle le Fonds Européen de Solidarité Financière se trouve investi - sur le papier - de prérogatives supplémentaires, mais ne peut en faire usage, car tous les pays membres de la zone Euro doivent au préalable ratifier ces modifications statutaires approuvées lors du sommet du 21 juillet. C'est ce qui s'est passé, puisque selon plusieurs spécialistes des marchés de dettes souveraines, un certain nombre de hedge funds ont délibérément attaqué l'Italie par le biais du marché de ses CDS, profitant de l'incapacité du gouvernement Berlusconi et des problèmes personnels de son Ministre de l'Economie. Cette attaque était d'autant plus facile que le marché des CDS sur la dette italienne est assez étroit ; et qu'il l'est encore plus à cette période de l'année. ET MAINTENANT LA BELGIQUE ? Ce mouvement spéculatif a été particulièrement mal ressenti à Rome où les taux de rendement des emprunts d'état sont désormais proches de ceux que la Grèce affichait en avril 2010, juste avant son premier plan de sauvetage. C'est pourquoi lors de ses conversations avec Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi a exigé un signe fort, comme la tenue immédiate d'un G 7. Le problème, et c'est ce qu'ont fait valoir Angela Merkel, comme Barack Obama, c'est que la tenue d'un tel sommet n'a d'intérêt que s'il est capable d'apporter des solutions concrètes. Or pour l'instant aucune ne se dégage. Sauf à improviser une fermeture totale du marché des CDS, qui se révèlerait illusoire dans la mesure où il s'agit de transactions de gré à gré. Dans la nuit de samedi à dimanche une conférence téléphonique focalisée sur l'Italie a fait office de mini G 7, avec à la clé une probable intervention coordonnée des banques centrales dés lundi matin. Mais certaines rumeurs circulant à Londres, en fin de semaine, faisaient état d'une possible attaque concertée sur la dette belge, pour les jours à venir. A droite, beaucoup sont désormais convaincus que l'euro peut désormais être emporté par cette tourmente, si rien n'est fait. Ce qui amène certains des conseillers du Chef de l'Etat à proner une nouvelle avancée en matière de gouvernance économique de la zone euro. D'une part afin d'obtenir une sorte de fédéralisme monétaire. D'autre part, afin de faire en sorte qu'il n'y ait plus qu'un seul porte-parole de l'Euro et non quatre, comme on a pu le voir la semaine dernière avec les bavardages intempestifs et désordonnés de Jean-Claude Juncker, de José Manuel Barroso, de Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires ou encore de Jean-Claude Trichet. EFFONDREMENT DU DOLLAR Mais tout cela, c'était avant que Standard & Poor's décide, vendredi soir, de supprimer le triple A dont bénéficiait la dette américaine de tous temps, après un psychodrame avec la Maison Blanche, sur les hypothèses retenues par l'agence de notation. Désormais, tout risque d'être bien plus compliqué. Et l'ouverture des marchés asiatiques, dés ce soir, donnera le ton de la manière dont les investisseurs vont interpréter cette décision historique. Car cette dégradation devrait amener les Etats-Unis à se refinancer à un un niveau de taux supérieur de 25 à 50 points de base, devrait entrainer un effondrement du dollar, et devrait amener une flambée de l'or et du prix du pétrole. Autant d'indicateurs très défavorables pour les marchés d'actions. Face à cette situation complexe, qui a conduit Nicolas Sarkozy à demander à François Baroin de quitter son refuge creusois de Dun-le-Palestel - au sud de Crozant - la gauche se montre totalement absente. François Hollande qui est en vacances à Hossegor, non loin du golf foulé autrefois par François Mitterrand et Anne Pingeot, n'a pas commenté ces évènements. Idem pour Martine Aubry, qui se distingue par "son silence prudent" comme disait Boileau de l'écrivain Valentin Conrart. Les seuls commentaires venant de la gauche de l'échiquier politique ont consisté à dénoncer la dictature des marchés et les agissements des spéculateurs. LA GAUCHE PRISE AU PIEGE En fait, les trois principaux candidats aux primaires sont pris au piège par le débat sur la règle d'or budgétaire que Nicolas Sarkozy a relancé habilement entre le sommet de Bruxelles et son départ en vacances, en écrivant directement à tous les parlementaires. Si les socialistes se refusent à voter cette modification constitutionnelle, les agences de notation en tireront probablement les conséquences, en retirant à la France son triple A, pour le maintien duquel François Fillon se bat depuis maintenant quatre ans. Et dans ce cas, ils seront montrés du doigt par la droite bien sûr, mais aussi par la totalité de l'opinion publique. Du côté de l'actualité économique, les marchés sont maintenant libérés du premier flot de publications de résultats semestriels, jugés - en général - décevants par la plupart des analystes. Ce qui a contribué à amplifier le repli du CAC 40. Même si celui-ci bénéficie d'un bon soutien historique autour de 3.200 points. Seuls les comptes semestriels de GDF-Suez seront publiés cette semaine, mercredi matin, avant l'ouverture des marchés. Aucune surprise particulière n'est attendue, à l'exception de précisions éventuelles sur le nouveau rôle dévolu à Jean-François Cirelli. Par ailleurs, la bourse a salué, cette semaine, l'annonce de la révocation de Pierre Bouchut, jusqu'ici directeur financier de Carrefour après l'avoir été chez Schneider et chez Casino où Jean-Charles Naouri l'avait débarqué sans ménagement. Ce départ, ardemment souhaité par les principaux actionnaires du leader français de la distribution, est justifié d'abord par l'échec des négociations avec le brésilien Diniz, ensuite par la nécessité pour Lars Olofsson de faire sauter un fusible, au moment où le titre Carrefour se retrouve au tiers du prix payé par le groupe Arnault et Colony Capital, enfin par l'échec du plan de transformation du groupe, dénommé "En avant", dont Pierre Bouchut avait la charge.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / La Grèce profite à Sarkozy... et oblige la gauche à parler rigueur

24/07/2011 - 07:53

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Le ciel des sondages s'éclaircit pour Sarkozy... sauf pour le second tour

17/07/2011 - 08:57