WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
L'inexistence de Hollande profite à Sarkozy
par Yves de Kerdrel

Incapable d'assurer la cohésion de son gouvernement, dépassé par les mouvements catégoriels, absents de tous les grands débats de société, François Hollande, par son absence, facilite et accélère le retour de Nicolas Sarkozy et accroit sa popularité.
15/12/2013 - 07:48 Temps Lecture 10 mn.
La scène a fait le tour du web en quelques heures. Il s'agit d'une courte vidéo montrant François Hollande et Nicolas Sarkozy sur le tarmac de l'aéroport après la cérémonie d'hommage rendue à Nelson Mandela. Le chef de l'État, hagard, demande : "il est où mon avion ?" Et c'est Nicolas Sarkozy qui lui indique en se référant aux couleurs tricolores sur l'aileron du Falcon. François Hollande le remercie et le salue, tandis que Valérie Trierweiler part sans saluer Nicolas Sarkozy. Cette courte vidéo explique mieux que n'importe quel sondage pourquoi François Hollande ne donne toujours pas l'impression d'assumer la fonction présidentielle. Ce qui amène un nombre croissant de français à faire un transfert inconscient sur Nicolas Sarkozy. La multiplication des couvertures et des sondages consacrés à l'ancien président ne fait qu'accompagner ce mouvement subliminal. Dans son édition datée de jeudi, Le Point reprend les mots que Nicolas Sarkozy prononce désormais ouvertement devant ses visiteurs: "la question n'est pas de savoir si je veux ou ne veux pas revenir. Je ne peux pas ne pas revenir. Je n'ai pas le choix. C'est une fatalité. Une fatalité". Un désir que l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin et l'ex-président du Sénat, Gérard Larcher, ont eux aussi cru percevoir quand ils lui ont rendu visite, dans ses bureaux du 77, rue de Miromesnil, à Paris. Même son de cloche chez son ancien ministre de l'Écologie: "Il veut revenir, ce n'est plus une révélation", confie Jean-Louis Borloo à l'hebdomadaire. AYRAULT DANS L'IMPASSE Naturellement l'entourage direct de Nicolas Sarkozy a démenti mercredi les informations du Point, à commencer par son attachée presse, Véronique Waché, qui s'est même fendue d'un tweet. Certains toutefois ne cachent pas leur enthousiasme. A droite, d'autres semblent plus circonspects: le député de la Drôme Hervé Mariton ne veut pas entendre parler de son retour, indique France Info: "Le sujet n'est pas de savoir si M. Dupond, M. Durand, M. Sarkozy, M. Fillon revient ou ne revient pas. Ce n'est pas faire de mots plus ou moins aimables à l'égard des uns et des autres. Le sujet c'est de savoir comment on règle les problèmes des Français". Pendant ce temps, la réforme fiscale qui devait permettre à Jean-Marc Ayrault de redonner du souffle à son action tourne à l'impasse. Le premier ministre enregistre désormais des records d'impopularité dans la plupart des enquêtes d'opinion. La réforme fiscale suscite déjà des inquiétudes au sein du gouvernement. Sur le fond d'abord. Un ministre de haut rang ne cache pas son scepticisme. À Matignon, on semble conscient du problème: la réforme ne pourra passer que si elle fait un maximum de gagnants. Même si les 50 milliards de baisse des dépenses publiques programmés sur les quatre prochaines années donneront des marges de man?uvre et permettront d'accorder des baisses d'impôts aux uns et aux autres. Rendant ainsi la réforme plus acceptable. ACCORD AU FORCEPS SUR LA FORMATION Au-delà du fond de la réforme, la méthode est jugée préoccupante. Elle consiste à trancher après avoir entendu les uns et les autres (parlementaires de la majorité et de l'opposition, syndicats, etc.) et non à présenter un projet ficelé qui pourrait être amendé ensuite, comme en 2005 lorsque le gouvernement Villepin avait réformé l'impôt sur le revenu. Si Matignon promet de dévoiler l'intégralité de l'esprit de la réforme en mai ou en juin, il faudra attendre 2015 ou 2016 pour connaître précisément le détail de nombreuses mesures. Du côté des partenaires sociaux, un accord a enfin été conclu dans la nuit de vendredi à samedi, à 3 heures du matin, sur la réforme de la formation professionnelle. Au final, l'ultime texte proposé par le Medef en fin de soirée vendredi devrait être signé par la CFDT, la CFTC, la CGC et probablement FO, même si cela doit encore être officiellement confirmé, ces prochains jours, par leurs instances respectives. Mais pas par la CGT, aux dires de leurs négociateurs respectifs au sortir de ce marathon. Côté patronal, l'UPA, qui a étroitement travaillé avec le Medef, le paraphera aussi. Mais probablement pas la CGPME. En guerre ouverte avec le Medef depuis des semaines sur la réforme du financement du système, elle a jusqu'au bout réclamé un système de mutualisation des fonds du plan de formation pour les entreprises de 50 à 300 salariés afin de compenser la disparition de l'obligation fiscale de 0,9% sur ce plan de la formation. FERMETE DU BILLET VERT Le texte est marqué par une profonde refonte du financement du système : en résumé, les différentes obligations légales actuelles seront remplacées par une contribution unique et obligatoire de 1% de la masse salariale dans les entreprises de plus de 10 salariés et de 0,55% dans les TPE. La philosophie de cette réforme est, selon les signataires, de passer d'une obligation de financer à une obligation de former. Côté salariés, la grande nouveauté réside dans la création du CPF, et surtout dans son caractère portable : les droits à formation acquis (20 heures par an pendant 6 ans, puis 10 heures par an pendant 3 ans, avec un plafond, hors abondement, de 150 heures) seront conservés en cas de changement d'employeur ou d'entrée au chômage. Du coté macro économique, l'euro continue de reculer face au dollar avant l'annonce de la Réserve fédérale américaine la semaine prochaine sur une éventuelle diminution de ses aides à l'économie. Le dollar a été soutenu cette semaine par des données économiques positives, une hausse des rendements des bons du Trésor, un accord budgétaire au Congrès et les rumeurs de nomination de Stanley Fischer comme vice-président de la Fed. Mais la baisse des prix à la production vendredi a rappelé aux investisseurs pourquoi la banque centrale prendrait soin de retirer ses aides doucement. GM JETTE L'EPONGE SUR PSA La publication jeudi d'une hausse bien meilleure qu'attendu des ventes au détail aux États-Unis en novembre a alimenté les espoirs de voir la Fed annoncer dès la semaine prochaine une diminution de ses aides à l'économie à l'issue de la dernière réunion de 2013 du Comité de politique monétaire. La Fed a déjà signifié son intention de réduire prochainement ses rachats d'actifs, actuellement de 85 milliards de dollars par mois. Ces injections de liquidités ont pour effet collatéral de diluer la valeur du billet vert. Leur diminution serait donc de nature à soutenir le dollar. Cette hypothèse s'est vue renforcée cette semaine par l'annonce d'un compromis budgétaire trouvé à Washington, qui doit encore être adopté pour éviter une nouvelle paralysie du gouvernement américain avant la date butoir du 15 janvier. Du coté des entreprises la secousse de la semaine a été l'annonce par General Motors de la vente de sa participation dans PSA acquise il y a moins de deux ans. De son coté le constructeur automobile a annoncé travailler sur une augmentation de capital et étudier une entrée au capital du chinois Dongfeng. L'hypothèse d'une entrée de l'Etat au capital du constructeur, parallèlement à celle de Dongfeng, est évoquée depuis des mois. Une telle initiative permettrait de maintenir PSA sous pavillon français. L'Etat a déjà un pied au sein du constructeur : il a apporté, il y a un an, une garantie à sa filiale bancaire d'un montant maximal de 7 milliards d'euros d'ici fin 2015, et a obtenu en échange l'arrivée d'un homme de confiance, Louis Gallois, au conseil de surveillance du groupe automobile. PSA et Dongfeng ont déjà une coentreprise qui exploite trois usines à Wuhan. TEMPETE FEUTREE CHEZ EURAZEO S'agissant d'EADS, les syndicats français ont quitté, vendredi, la réunion du comité national France. Ils dénoncent le chantage de la direction qui menace de licencier si les syndicats ne parvenaient pas à négocier des gains de productivité. Le syndicat Force Ouvrière estime qu'avec un résultat opérationnel de plus de 2 milliards d'euros et un carnet de commande de 700 milliards d'euros, le groupe EADS a les moyens de se réorganiser sans faire supporter aux salariés et à la collectivité le poids de ses décisions. En début de semaine le groupe a annoncé la suppression de 5 800 postes en Europe dans la branche défense et espace, dont 1 700 en France. Comme nous l'avions indiqué dans ces colonnes il y a deux semaines, c'est bien Hervé Philippe, directeur général délégué d'Havas, qui devrait être nommé, dans les prochains jours, directeur financier de Vivendi, afin de remplacer Philippe Capron, l'actuel titulaire du poste, attendu le 1er janvier chez Veolia. De son côté Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi en partance, a été nommé, le 6 décembre, administrateur indépendant de Generali. Il va retrouver à Trieste, Philippe Donnet, membre du conseil de Vivendi, et protégé de Claude Bébéar. Ce dernier a obtenu sa nomination là-bas en échange de l'aide apportée à Vincent Bolloré. Le premier actionnaire de l'assureur italien n'est autre que la banque d'affaires Mediobanca, dont Vincent Bolloré détient 6 % du capital et où il exerce une forte influence. Enfin Patrick Sayer, président du directoire d'Eurazeo a récemment senti passer le vent du boulet. A l'issue d'un conseil de surveillance houleux, Michel David-Weill a obtenu que le mandat de son protégé soit renouvelé par anticipation. Cela après les man?uvres menées par Kristen Van Riel, exécuteur testamentaire d'Édouard Stern pour obtenir son remplacement. Le conseil a tout de même tenu compte de la situation nouvelle d'Eurazeo en donnant plus de pouvoir à Virginie Morgon, promue directeur général. De son coté Kristen Van Riel a obtenu qu'Eurazeo rachète la société Montreux qui portait les intérêts des enfants d'Édouard Stern au sein d'Eurazeo.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / 2014 ne sera pas l'année de la reprise en France

08/12/2013 - 07:46

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Week-end de tous les dangers pour la majorité

01/12/2013 - 08:05