WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
La classe politique tétanisée à six semaines des régionales
par Yves de Kerdrel

Désormais l’ensemble des politiques de droite comme de gauche ont les élections régionales en ligne de mire avec la volonté de ne permettre au Front National de ne présider aucune région. Mais les sondages sont de plus en plus favorables à la formation d’extrême-droite dans le Nord et en Paca. Ce qui plaide pour un désistement au second tour de la liste arrivée en troisième position.

25/10/2015 - 08:00 Temps Lecture 12 mn.

C’est exactement dans six semaines qu’aura lieu le premier tour des élections régionales. Si la plupart des politologues s’attendent à une forte abstention, de l’ordre de 55%, justifiée par le calendrier particulier de ces élections et la préparation des fêtes de fin d’année, tous les sondages récents convergent pour faire ressortir une montée fulgurante du Front National. Le parti de Marine Le Pen serait d’ores et déjà certain, en cas de triangulaire, de remporter la région Nord-Pas de Calais-Picardie et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Deux hypothèses qui étaient encore totalement écartées il y a un mois seulement et qui montre l’impact de la crise des migrants sur l’opinion.

Selon une étude BVA réalisée pour l’ensemble de la presse régionale et publiée vendredi, la droite de gouvernement arriverait en tête dans sept régions de la métropole, alors que la gauche en conserverait trois et que le Front National emporterait une voire deux régions. Concernant Marine Le Pen, elle même, dans l'hypothèse d'une triangulaire au second tour, sa liste l'emporterait haut la main en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, avec pas moins de 46% d'intentions de vote. De quoi distancer sérieusement celle de droite, menée par Xavier Bertrand, qui est créditée à 29% mais aussi celle de Pierre de Saintignon (25%) à gauche. Pour le seul premier tour, la liste de la présidente du FN est créditée de 42% d'intentions de vote, contre 25% à la liste Bertrand et 15% pour celle de Saintignon.

L’ILE-DE-FRANCE PASSERAIT A DROITE

La publication de ces écarts inattendus, et connus dans les milieux d’initiés dès jeudi soir, a fortement contribué à pousser Marine Le Pen à annuler sa participation à l’émission Des Paroles et Des Actes sur France 2. Une émission qui avait suscitée une vive polémique à tel point que les deux concurrents de la présidente du Front National avaient obtenu un débat de nature régionale en fin d’émission. Par ailleurs, toujours d’après cette enquête si le second tour avait lieu ce dimanche, le Front National pourrait encore l'emporter, mais avec un score beaucoup plus serré, en PACA, où il est crédité de 37% d'intentions de vote, devant la liste de droite (36%) et celle de gauche (27%). Au premier tour, la liste menée par Marion Maréchal-Le Pen recueille 36% d'intentions de vote, devançant celle de Christian Estrosi (32%) et celle du socialiste Christophe Castaner (16%).

Concernant les autres régions, la Gauche conserverait a priori l'Aquitaine-Poitou-Charente, où elle est créditée de 46% d'intentions de vote, contre 33% à la droite incarnée par Virginie Calmels qui mène pourtant une bonne campagne ; la Bretagne, avec également 46% contre 36% à la droite et le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, avec 39% des voix, contre 32% au FN et 29% à la droite. Alors qu'elle ne détient aujourd’hui que la région Alsace, la droite pourrait en remporter 7 cette année. En Ile-de-France, elle dépasserait la gauche d'une courte tête, avec 41% d'intentions de vote, contre 39%... Alors que le Front National n'y dépasserait pas les 20%. De même le parachutage de Laurent Wauquiez en Rhône-Alpes-Auvergne devrait être couronné de succès avec un score final de 40% et une triangulaire.

LES FRONDEURS SE SONT EVANOUIS

Au siège des Républicains on est convaincu que l’Elysée fait tout ce qui est possible pour favoriser l’ascension du Front National dans l’opinion. De manière à affaiblir le score de la droite parlementaire. Mais par ailleurs l’appareil socialiste et Manuel Valls ne souhaitent pas mener la politique du pire. Et a priori dans les deux régions susceptibles d’être remportées par le Front National la consigne serait donnée au candidat socialiste de se retirer pour faire élire le candidat Républicains. Bien sûr la droite serait alors en position de clamer qu’elle bénéficie d’une vague bleue qui désavoue le gouvernement. Mais le Front National serait alors en mesure de ressortir son slogan de l’UMPS, et de faire campagne là-dessus pour la présidentielle.

Pour l’heure ce scrutin monopolise donc la plupart des attentions à gauche comme à droite, d’autant plus que le vote du budget se déroule de manière moins douloureuse qu’il y a un an. Malgré un projet de loi de finances qui poursuit son objectif d’économies massives et de diminutions des prélèvements pour les entreprises, seules 19 voix ont cette fois manqué chez les socialistes. Si le gouvernement ne dispose toujours pas d’une majorité absolue à l’Assemblée le souvenir des 39 abstentions de 2014 est désormais lointain. Aujourd’hui, les frondeurs sont réduits à leur noyau le plus dur.

ALAIN JUPPE FAIT LA COURSE EN TETE

En dépit de cette accalmie parlementaire et de l’absence d’un raz-de-marée de droite annoncé pour les régionales les nouvelles restent mitigées concernant la popularité de François Hollande. Invités à se prononcer sur une liste de dix traits d’image ou de caractère, les personnes interrogées par Elabe pour BFMTV se montrent particulièrement sévères à l’égard du chef de l’Etat. Ainsi, pour chacune des propositions ou qualités testées, une majorité de répondants considèrent qu’elle « s’applique mal » à François Hollande. De trois à quatre personnes sur dix lui reconnaissent toutefois son courage, son honnêteté et sa sympathie. A l’inverse, les récriminations s’avèrent massives quant à sa capacité à réformer le pays (84% de non), à faire preuve de dynamisme (87%) et surtout à obtenir des résultats (90%).

Parmi les huit personnalités testées pour les prochaines élections présidentielles, Alain Juppé est la seule pour laquelle une majorité de répondants déclarent souhaiter sa candidature en 2017. Le maire de Bordeaux recueille ainsi 52% de réponse positives. Il devance Marine Le Pen (37%) et François Bayrou (36%) qui occupent respectivement la deuxième et la troisième places du classement. Manuel Valls arrive en quatrième position : 35% des répondants souhaitent sa candidature. Le Premier ministre devance de 7 points Nicolas Sarkozy (28%), de 9 points Jean-Luc Mélenchon (26%) et surtout de 16 points François Hollande (19%), lequel se trouve relégué en avant dernière position devant Cécile Duflot (13%). Les résultats s’avèrent encore plus préoccupants pour le chef de l’Etat auprès des sympathisants de gauche : 55% déclarent souhaiter la candidature de Manuel Valls (à égalité avec Alain Juppé) contre seulement 44% pour François Hollande.

UNE CONJONCTURE LEGEREMENT MEILLEURE

Du côté de la conjoncture économique, l’environnement semble légèrement s’améliorer en France. Selon les chiffres publiés par l'Insee jeudi dernier, le climat des affaires dans l'Hexagone s'affiche non seulement au plus haut niveau depuis août 2011 mais dépasse aussi sa moyenne de longue période (qui s'établit à 100). Une annonce qui a été immédiatement saluée par le ministre des Finances, Michel Sapin, pour qui ces chiffres montrent que la reprise s'étend dans l'économie. En fait, si reprise il y a, elle est encore en ordre dispersé. Le climat progresse de trois points dans les services et d'un point dans le commerce de détail. En revanche, il perd un point dans le bâtiment et dans l'industrie qui sont toujours dévastés.

Par ailleurs il semble que l'activité a légèrement accéléré en France en octobre, un peu plus vite dans les services que dans le secteur manufacturier, mais sans effet positif sur l'emploi, selon la version "flash" des indicateurs PMI de Markit publiée vendredi. L'indice du secteur manufacturier a progressé à 50,7 contre 50,6 en septembre pour s'inscrire à un plus haut de quatre mois. L'indice du secteur des services s'est élevé à 52,3 contre 51,9 en septembre, s'affichant pour le neuvième mois consécutif au-dessus de la barre de 50 qui sépare croissance et contraction de l'activité. Les deux ressortent donc au-dessus des attentes des économistes interrogés par Reuters, qui anticipaient un repli à 50,2 pour le premier et à 51,6 pour le second.

DRAGHI RESTE EN DEFENSE

L'indice composite, qui regroupe des éléments des deux indices sectoriels, a progressé pour sa part à 52,3 contre 51,9 un mois plus tôt, restant également au-dessus de la barre des 50 pour le neuvième mois d'affilée. Les chefs d'entreprise interrogés ont fait état d'une progression des commandes pour le deuxième mois consécutif avec une hausse dans le secteur manufacturier qui, quoique très modeste, est la première depuis dix-huit mois. Ce léger mieux dans l'activité n'empêche pas un second mois de repli de l'emploi dans le secteur privé. Il est marginal, le rythme de baisse s'atténuant dans les services alors que le secteur manufacturier fait état de la plus forte diminution depuis dix mois.

Lors de la conférence de presse de jeudi dernier, Mario Draghi, le président de la BCE a fait savoir que le programme de rachat d'actifs restait inchangé. Toutefois le grand argentier européen a précisé que le degré d'assouplissement de la politique monétaire devra être réexaminé lors de notre réunion de décembre, quand la BCE actualisera ses prévisions de croissance et d'inflation, qui va rester très faible à court terme. Cela signifie que pour soutenir l'économie et relancer l'inflation, le conseil des gouverneurs pourrait recourir à tous les instruments de politique monétaire, ouvrant donc la voie à des modifications du Quantitative Easing, soit en allongeant sa durée, soit en augmentant le niveau d'actifs rachetés chaque mois (pour le moment 60 milliards d'euros). Mario Draghi a même reconnu qu'une nouvelle baisse des taux a été évoquée. A la suite de ces déclarations, l’euro était en baisse. La monnaie unique est tombée vendredi à 1,11 dollar, contre 1,13 la veille.

UN NOUVEAU PATRON POUR TF1

Du côté des entreprises, il faut souligner que Bouygues Télécom, Free, Orange et SFR ont été retenus pour participer aux enchères pour l’attribution de la bande 700 MHz dans le cadre du déploiement de la 4G. Ces enchères débuteront officiellement le 16 novembre. La plupart opérateurs misent gros sur cette bande, qui permettra le déploiement de la 4G puis de la 5G. Dans le cadre de ces enchères, des blocs de fréquences de 5 MHz vont être alloués. Chaque opérateur pourra enchérir sur un maximum de deux blocs sur les six mis aux enchères, sauf Free, dernier arrivé sur le marché, qui possède moins de fréquences que les autres et peut donc postuler pour trois blocs. A 416 millions d’euros par bloc de fréquences comme prix d’entrée, plus 5 millions par tour, l’Etat français compte engranger 2,5 milliards d’euros minimum.

Comme nous l’avions laissé entendre dans ces colonnes dimanche dernier, après une entrée au capital d’Ubisoft à hauteur de 6,6% le 13 octobre, Vivendi a fait passer sa participation à 10,39%. Il devient, de fait, l’actionnaire principal du leader français de l’édition de jeux vidéo. Et selon nos informations, il a continué depuis à acquérir de nouveaux titres. Dans le même temps, le groupe présidé par Vincent Bolloré a acquis 10,20% des titres de Gameloft, une autre société de jeux vidéo spécialisée dans le mobile, fondée, comme Ubisoft, par la famille Guillemot, et au capital de laquelle Vivendi était entré à hauteur de 6,2% la semaine dernière. L’acquisition sur le marché de ces titres représente un investissement total de 278,5 millions d’euros pour Vivendi.

Enfin c’est vendredi prochain, le 28 octobre qu’est convoqué un conseil d’administration de TF1 avec à l’ordre du jour la nomination du successeur de Nonce Paolini. Sauf surprise de dernière minute, c’est Gilles Pélisson, l’ancien patron d’Accor, qui devrait être nommé à la tête de la première chaîne de télévision avec prise d’effet au début de l’année 2016. Martin Bouygues qui avait, un moment, pensé nommer à ce poste stratégique Olivier Roussat, le patron de Bouygues Télécom a préféré laissé ce dernier finir le travail de restructuration qu’il a entamé. Par ailleurs un lien personnel de confiance unit Martin Bouygues à Gilles Pélisson. Il reste à ce dernier à rapatrier sa résidence fiscale en France, puisqu’il habite Bruxelles depuis maintenant quelques années.

précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / François Hollande de plus en plus isolé…et calculateur

18/10/2015 - 07:52

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / François Hollande n’a jamais été aussi affaibli

11/10/2015 - 07:52