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Yves de Kerdrel
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Hollande cherche désespérément un moyen pour rebondir
par Yves de Kerdrel
A une dizaine de jours des voeux et à trois semaines de sa conférence de presse, le Chef de l'État cherche un moyen pour sortir de l'impasse dans laquelle il est et pour limiter la casse aux prochaines municipales. Mais Jean-Marc Ayrault ne lui facilite pas la tâche.
22/12/2013 - 07:48
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Certains conseillers de François Hollande ne le cachent même plus : "l'Élysée est devenu un théâtre d'ombres". Ce qui expliquerait l'activisme international du Chef de l'État qui n'a autant utilisé son avion et qui s'apprête même à repartir en Arabie Saoudite pendant la trêve des confiseurs. De plus en plus de responsables socialistes assurent que François Hollande aurait été mis de facto sous tutelle par quatre de ses principaux ministres : Manuel Valls, Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian et Michel Sapin. Tous les quatre sont susceptibles de remplacer un jour ou l'autre Jean-Marc Ayrault. Surtout ils ont très mal vécu la séquence des révoltes catégorielles de l'automne et la publication du fameux rapport sur l'intégration.
D'un coté le Premier Ministre sait très bien qu'il ne peut être changé avant le mois de juin, au lendemain du résultat des élections européennes. D'un autre côté tant à l'Élysée, qu'à l'Hôtel de Lassay ou chez bien des proches de François Hollande, chacun est conscient qu'il contribue pour une bonne part à "plomber" tant la popularité présidentielle que l'action gouvernementale. Le premier ministre s'est coupé de la plupart des poids lourds du gouvernement. Le lien avec Bercy est durablement endommagé. Après s'être brouillé avec Arnaud Montebourg, Matignon ne peut plus compter sur l'affection de Bernard Cazeneuve et Pierre Moscovici.
LA GUERRE DES CABINETS
Vieil ami du président, Stéphane Le Foll, qui n'avait pas plaidé pour un remaniement, n'est guère plus emballé par le tour que prend la situation. Quant à Jean-Yves Le Drian, Laurent Fabius ou Manuel Valls, ils avaient préconisé un changement, et en sont pour leurs frais. Le mécontentement gagne donc chez les caciques du PS. Malgré les différences de ligne, des ministres comme Benoît Hamon ou Aurélie Filipetti cacheraient de moins en moins leurs sympathies pour Manuel Valls. Le ministre de l'intérieur, au faîte des sondages, est désormais identifié par les proches du premier ministre comme l'adversaire numéro un au sein du gouvernement.
Par ailleurs, la polémique autour du rapport sur l'intégration a distendu un peu plus les liens entre les cabinets de l'Élysée et de Matignon. A Matignon, on aime dépeindre l'Élysée comme un repaire de langues de vipères. A l'Élysée, on met volontiers en doute les compétences techniques et la clairvoyance politique des conseillers de Matignon. Il reste que Jean-Marc Ayrault a installé jeudi le comité de pilotage de sa réforme fiscale, et n'a pas l'intention de laisser ce dossier s'enliser ou retomber comme un soufflé. Ce comité de pilotage, outre le premier ministre et les six ministres concernés ? Pierre Moscovici, Bernard Cazeneuve, Marisol Touraine, Michel Sapin, Marylise Lebranchu, Alain Vidalies ?, comprendra aussi les rapporteurs généraux des commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, Christian Eckert et François Marc, ainsi que les directeurs de cabinet et les conseillers économiques de l'Élysée et de Matignon.
UNE RENCONTRE COPE-SARKOZY
Du côté de l'opposition, les dirigeants de l'UMP se sont accordés mercredi dernier sur les grandes lignes d'un programme économique, à la tonalité plutôt libérale. Cette réunion de travail, qui réunissait le président de l'UMP, Jean-François Copé, les anciens premiers ministres François Fillon et Alain Juppé ainsi qu'une quinzaine d'ex-ministres, a débouché sur une vingtaine de grandes mesures dans les domaines de l'emploi, de la compétitivité et des finances publiques. Le parti d'opposition préconise la sortie définitive des 35 heures. Autres propositions : la dégressivité des allocations chômage, la création d'un seul contrat de travail, fusionnant le CDD et le CDI, ou la fin de "l'emploi à vie" systématique dans la fonction publique. Le rétablissement de la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite et de la journée de carence dans la fonction publique figure aussi parmi les propositions contenues dans ce document de synthèse.
Par ailleurs alors que la rue de Miromesnil connaît une affluence croissante du nombre de visiteurs, et au moment où beaucoup font courir le bruit d'un éloignement entre l'ancien Président et le patron de l'UMP, Nicolas Sarkozy et le président de l'UMP, Jean-François Copé, ont prévu de déjeuner ensemble en janvier. Les deux hommes devraient notamment évoquer le calendrier du retour en politique de l'ancien Chef de l'État. Mais aussi des prochaines échéances électorales avec un éventuel score élevé du Front National.
LES ETATS-UNIS AU FAITE DE LA CROISSANCE
Au chapitre de la macro-économie, c'est du coté des États-Unis que l'actualité a été la plus dense en cette fin d'année. L'économie américaine a progressé de 4,1 % en rythme annualisé au troisième trimestre, selon la dernière estimation du département du commerce publiée vendredi. C'est un demi-point de mieux que les calculs de la précédente évaluation. Une révision qui fait de ce trimestre le troisième meilleur depuis 2006. Cette amélioration de la conjoncture vient à point nommé pour justifier la décision prise, mercredi 18 décembre, par la Banque centrale américaine de réduire légèrement son soutien à l'économie.
La bonne surprise est venue de la consommation, meilleure qu'attendue. Celle-ci a progressé à un rythme annuel de 2 %, alors que la précédente estimation tablait sur 1,4 %. L'indicateur est fondamental, car il représente environ 70 % de l'activité économique aux États-Unis. La révision est due notamment au fait que les Américains ont consommé plus de services comme la santé et la restauration. La demande a également été soutenue par les dépenses en carburant, illustrant la vigoureuse reprise du marché automobile, mais aussi par les ventes de réfrigérateurs. Au total, sur les 4,1 % de croissance, la consommation a compté pour un tiers. Cet optimisme est en partie alimenté par l'amélioration de la situation des entreprises. Leurs investissements ont progressé de 4,8 %, contre 3,5 % lors de la précédente estimation, à la faveur d'une hausse de 0,2 % des achats d'équipement. Mais le bond le plus spectaculaire a été enregistré dans les investissements de propriété intellectuelle, qui reflètent le niveau des dépenses en logiciels, un bon indicateur avancé de la reprise. La progression s'est établie à 5,8 %, contre une première estimation de 1,7 %.
UNE SOLUTION POUR RAMON FERNANDEZ
Dans ce contexte, l'indice CAC 40 a terminé la semaine sur une hausse de 3,3 %, portant ses gains depuis le 1er janvier à 15,18 %. Aux États-Unis, le Dow Jones signe depuis le 1er janvier une progression de 23,79 %. C'est une fois de plus la Réserve fédérale américaine qui a donné le ton de la semaine. La banque centrale a indiqué mercredi qu'elle réduira en janvier 2014 de 85 à 75 milliards de dollars le montant de ses rachats d'actifs mensuels auxquels elle procède depuis plus d'un an pour desserrer l'étau du crédit et soutenir l'activité. L'ampleur, modeste, de ce resserrement monétaire a rassuré les marchés. Les investisseurs ont été d'autant plus tranquillisés que la Fed a envoyé un autre signal fort en promettant de ne pas relever les taux d'intérêt rapidement, même si le chômage repasse sous les 6,5 %.
Placé sur la sellette, par le Premier Ministre, depuis quelques semaines, Ramon Fernandez, le directeur du Trésor, pourrait finalement atterrir à Bruxelles. La France tente de le placer à un poste stratégique en Europe : la direction générale de la Commission européenne chargée des affaires économiques et financières (DG Ecfin), actuellement dirigée par l'Italien Marco Buti. Selon les informations recueillies par WanSquare, François Hollande aurait évoqué le sujet avec Angela Merkel mercredi dernier dans la soirée. Ramon Fernandez jouit d'une bonne réputation en Allemagne comme en Europe.
BOUYGUES DECLARE LA GUERRE
Du côté des affaires, le principal événement de la semaine a été la déclaration de guerre de Martin Bouygues dans l'Internet fixe en cassant les prix pour réduire les marges de son concurrent Xavier Niel, le patron d'Iliad. Free a créé une nouvelle rupture dans le très haut débit mobile en annonçant au début du mois qu'il proposait la 4G au prix de la 3G ; ce qui a obligé ses concurrents à infléchir leur stratégie tarifaire. Cela a notamment été un rude coup pour Bouygues Telecom, qui a fortement investi pour bénéficier au mieux de l'autorisation qui lui a été donnée de pouvoir utiliser pour la 4G la fréquence de 1800 MHz pour laquelle il possédait déjà une infrastructure. Cela lui a permis d'ouvrir commercialement son réseau avec un avantage concurrentiel en termes de couverture. Bouygues Telecom couvrait ainsi 63 % de la population en 4G depuis le lancement de son réseau le 1er octobre, tandis que ses concurrents SFR et Orange atteindront 40 % à 50 % de couverture d'ici à la fin de l'année. De fait, Le titre d'Iliad, maison mère de l'opérateur téléphonique Free, a plongé vendredi à la Bourse de Paris.
A quelques jours de la décision du Conseil constitutionnel sur le budget 2014, le Conseil d'État a adressé un petit rappel au gouvernement. Dans une décision lue vendredi matin, il a annulé une instruction relative au plafonnement de l'impôt sur la fortune (ISF), qui avait fait grand bruit lors de sa publication en juin. Le plafonnement prévoit qu'un contribuable assujetti à l'ISF ne puisse pas payer plus de 75 % de ses revenus en impôts (ISF compris). L'objectif de l'instruction était de durcir le mécanisme de plafonnement, afin d'éviter des comportements d'optimisation repérés par l'administration fiscale. Pour bénéficier plus rapidement du plafond à 75 %, certains contribuables minorent en effet leurs revenus disponibles en les logeant par exemple dans des contrats d'assurance-vie. Afin de parer à ce type de montage, l'instruction élargissait la composition des revenus en y incluant le rendement des contrats d'assurance-vie. Mais elle aboutissait de fait à faire payer certains contribuables plus de 100 % de leurs revenus en impôts...
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