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Feuilleton de l'été

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Damien Bachelot, Aforge Finance : Entrepreneur avant tout

Damien Bachelot - Aforge
Damien Bachelot - Aforge

Damien Bachelot en est fier : s’il a réussi à gravir les échelons du petit monde feutré de la banque d’affaires, c’est grâce à son sens du contact, pas ses diplômes. Entrepreneur avant tout, ce qui lui plaît c’est de bâtir. C’est ce qu’il a fait, déjà, en partant d’Ernst & Young pour créer sa boutique, il y a 18 ans. Fort de son expérience dans le financement de projet, ce passionné de photos de 53 ans a tout de suite séduit une clientèle familiale, mais aussi des grands noms du sport (Dominique Rocheteau, l’ange vert de l’équipe mythique de Saint-Etienne) ou du luxe (Jean-Paul Gaultier, Gianfranco Ferre ou Lanvin).

De quoi varier les plaisirs et surtout apporter des solutions sur mesure. « On a eu la chance d’arriver juste avant la grande vague du private equity. On a pu toucher une clientèle d’entreprises moyennes en mal de fusions-acquisitions d’un ticket moyen de 100 à 150 millions d’euros », convient Damien Bachelot. Credo qu’il a tenu à conserver jusqu’à l’arrivée en 2008 de la banque belge Degroof, institution vieille de 140 ans et à la tête de 27 milliards d’euros sous gestion. Une association qui lui a permis d’élargir ses horizons.

Aujourd’hui, il veut devenir la marque de référence des entreprises moyennes délaissées par les grands établissements de la place et ce, pour tous les métiers de la finance : fusions et acquisitions, restructurations, conseil en financement, ingénierie boursière, produits structurés mais aussi gestion privée et patrimoniale. Pour ce faire, il vient d’embaucher un grand monsieur du secteur : Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit Lyonnais, en tant qu’associé-gérant d’Aforge Degroof Finance, la filiale banque d'affaires du nouvel ensemble.

Son objectif: développer des activités de marché jusqu’à présent inexistantes, et apporter des solutions nécessitant une grosse technicité. C’est ce département qui vient notamment d’orchestrer l’émission d'obligations convertibles perpétuelles par Assystem. Une opération particulièrement innovante. Il a aussi été l’un des trois conseils de Quick dans le cadre de son émission d’obligations à taux variable pour plus de 600 millions d’euros en mars dernier. Enfin, il vient d’être mandaté par la Commission Européenne pour suivre la restructuration de la Banque Monte Paschi.

L’étape suivante? S’il a voulu mettre le turbo sur la pluridisciplinarité, il n’a guère envie d’aller pêcher de plus gros poissons. « Ce que j’aime dans mon métier, c’est cette indescriptible alchimie qui s’opère avec certaines personnes ». Humain, trop humain? C’est en tout cas au nom du respect de ses clients qu’il a tout de suite reconnu en 2008 qu’il avait des fonds Luxalpha dans ses comptes, ces fameux fonds « madoffés » que presque toutes les banques et sociétés de gestion avaient aussi, sans jamais l’avoir révélé. Raison pour laquelle il s’est senti un moment un peu seul, et qui l’a poussé à se marier avec Degroof. Mais aujourd’hui il ne regrette rien. Au contraire. C’est en restant fidèle à ses convictions que l’on avance.

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