Feuilleton de l'été / Du côté des décideurs
Feuilleton de l'été
Du côté des décideurs
Bernard Snoeck, Suravenir Assurance : piloter un avion comme on pilote une entreprise
Voler. Voilà ce qui passionne depuis son plus jeune âge, Bernard Snoeck, directeur général de Suravenir Assurance, filiale du Crédit Mutuel Arkea. C’est grâce à des héros de bandes dessinées comme Buck Danny ou encore les Chevaliers du Ciel, qu’il commence à s’intéresser aux avions dès l’âge de 12 ans. En navigant à travers ces dessins d’avions, de vols de jour ou de nuit, il sait déjà que c’est ce qu’il veut faire. Preuve de sa détermination, c’est au même âge qu’il échange quelques heures de vols en planeur contre le nettoyage des avions. Motivé, « c’était à une vingtaine de kilomètres de chez moi et tous les week-end, j’y allais en stop. J’y ai pris mes premiers cours de pilotage et ai appris un grand principe de base : un bon pilote est un bon pilote de vol à voile ». Cette volonté, il l’aura pendant toute sa carrière, tant professionnelle que dans l’aviation. Au fil des ans, il passe son brevet de planeur, en Belgique dont il est originaire et part après ses études au pays de l’aviation, où dans chaque ville il y a un terrain d’aviation : les Etats-Unis.
A côté des cours de français en langue étrangère qu’il enseigne, il commence son apprentissage de l’avion. Il y apprend alors assez vite l’ensemble des clefs pour devenir pilote privé et s’envole régulièrement après ses cours. Deux ans et quelques heures de vols plus tard, il rentre en France où il est obligé de repasser l’examen pilote privé pour pouvoir valider sa licence américaine. Dur retour pour quelqu’un qui a passé plusieurs vols à survoler les bayoux à la tombée de la nuit et a même déjà dû faire face à un problème technique avec une panne électrique en plein vol. « La seule panne mais qui m’a marquée et qui fait progresser. Mais j’ai réalisé des vols sublimes aux Etats-Unis et c’est pour cela que j’y retourne tous les ans ».
Une fois sa licence française validée, il rejoint un petit aéroclub qui venait de s’installer à Rennes et qui disposait de quelques avions dont un Cessna 172 et un Mooney. « Un aéroclub c’est un peu comme une auberge espagnole, les bénévoles qui y travaillent côtoient les élèves de tous âges qui vont et viennent après leurs heures de vols bouclées ». C’est donc un endroit de rencontres où Bernards Snoeck rencontre l’un de ses élèves, futurs pilote de ligne chez Air France. « Et grâce à cet élève j’ai eu la chance de devenir copilote sur Boeing, dans un simulateur à Paris. Je me suis alors rendu compte qu’il y avait des choses à faire au-delà de l’aéroclub. Grâce à lui j’ai passé le cap pour me lancer dans autre chose ».
Et un passionné d’avion a bon nombre de possibilités qui s’offrent à lui, s’il s’en donne les moyens. Dans le jargon des pilotes privés, on parle de qualifications, qui permettent d’acquérir des techniques de vols particulières. Il décide alors de passer la qualification vol de nuit (IFR), qui permet de voler aux instruments de nuit. « C’est une qualification assez technique, et j’ai d’abord travaillé sur flight simulator avant de passer la qualification en Arizona ». La qualification IFR américaine en poche, il passe à la vitesse supérieure et décide d’acheter un avion. « Je m’étais tellement régalé à voler sur le Mooney de l’aéroclub que j’ai racheté le même, avec un peu plus de puissance ». Après avoir cherché à acheter seul, il trouve un co-investisseur et pose son avion sur le tarmac de Rennes. Mais lorsque l’on a un avion, il faut tout de même le rentabiliser. « Il faut malheureusement du temps pour pouvoir faire de l’avion, je passe donc quasiment tous les week-end et mes vacances à voler, je vais au moins une fois par an aux Etats-Unis pour passer des qualifications supplémentaires ».
Et il les enchaîne ces qualifications : hydravion, train classique (les avions avec une petite roue derrière) et ces derniers temps il travaille la partie théorique pour devenir pilote privé professionnel. La différence entre un pilote privé de loisir et un pilote privé professionnel ? « Le Pilote Privé pense que tout va bien se passer et le Pilote Professionnel que la panne peut survenir à tout moment ». Mais déjà il envisage de passer son brevet de pilote d’hélicoptère, de faire de la voltige et pourquoi pas de passer sa qualification de montagne. « J’aime voir ce qu’il y a derrière les collines, explorer au-delà du visible ». Et pour aller au bout de sa passion, il a même réussi à faire accepter que son avion privé soit utilisé à titre professionnel dans ses déplacements… « Je pense qu’il faut être le plus professionnel possible dans ce que l’on fait et toujours aller au bout de ce que l’on peut apprendre ». Un jusqu’auboutisme qu’il applique aussi chez Suravenir où il demande à ses collaborateurs d’en faire autant.
Tout ce qu’il apprend au fur et à mesure de ses qualifications il les applique d’un point de vue professionnel. Les décisions ? « Le vol à voile vous apprend à savoir prendre la bonne décision toutes les 10 minutes ». L’anticipation ? « On doit toujours avoir en tête que le pire peut arriver si on ne s’est pas bien préparé ». Le dépassement de soi ? « Voir toujours plus loin, anticiper mais aussi se dépasser en permanence ». La rigueur ? « L’aviation est une véritable école de méthodologie, c’est savoir appliquer une véritable rigueur à tout ce que l’on fait ». Une approche qu’il applique à sa façon de diriger et qu’il espère intégrer dans l’ADN du groupe.
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