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Feuilleton de l'été

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Jérôme Morisseau, Citigroup : le coach des entreprises sur le ring des M&A

Jérôme Morisseau
Jérôme Morisseau

Sous des airs placides, Jérôme Morisseau cache un véritable soldat de la banque d’affaires, dans laquelle il a atterri sitôt sorti de l’armée, et fraîchement diplômé d’HEC. Pour fourbir ses armes, ce passionné de photographie et de boxe thaïe (qu’il pratique, ensemble ou séparément) s’est formé pendant deux ans chez Morgan Stanley à Londres, dans le département marchés actions. Une expérience particulièrement enrichissante et dont il se servira tout au long de sa carrière, pour sensibiliser ses clients au point de vue des marchés et peaufiner leur « equity story ». Revenu en M&A et corporate finance à Paris, l’homme gravit les échelons d’analyste à managing director pendant dix ans, et remplit son carnet d’adresses.

Il cède en 2006 aux sirènes de Citigroup, alors en fort développement en France sur l’initiative de Jean-Michel Steg. Le challenge promet d’être passionnant, le côté entrepreneurial arrive à point nommé pour un homme qui cherche du nouveau au sein de ces grandes maisons. Malheureusement, la crise passe rapidement par là, et la suite de l’histoire est connue : Citigroup paie un lourd tribut de la crise des subprimes et est sauvé d’urgence par l’Etat fédéral, en février 2009. Après de longues années de restructurations, la banque est passée de la première à la huitième place mondiale et a supprimé près de 100 000 emplois. Mais elle a désormais mangé son pain noir, et Jérôme Morisseau, sous la houlette de Charles-Henri Filippi, chairman de Citi France depuis début 2011, travaille au renouveau de la banque. Responsable du M&A et des marchés actions, il est à la tête d’une vingtaine de personnes et est en phase de recrutement à tous les niveaux, grâce au redressement de l’activité.

Car les opérations ont repris de plus belle en France, et Citigroup a été aux premières loges. Il a été co-lead auprès de Vivendi sur le spin-off de SFR, et a organisé un « dual-track » long de neuf mois, avant que l’option d’une vente ne soit définitivement préférée à une IPO. Il a mis en oeuvre toute sa réactivité en mettant en place, en trois jours et aux côtés de HSBC, BNP Paribas et Société Générale, un financement de 4 milliards d’euros pour l’offre de Bouygues. Las, Numericable fut préféré mais on ne pourra reprocher aux banques de ne pas avoir encouragé les enchères.

Deuxième défi de taille, relevé récemment : conseiller l’Etat dans le dossier Alstom, alors que la puissance publique n’était officiellement pas partie prenante au deal. Les équipes de Jérôme Morisseau ont œuvré nuit et jour pendant cette saga pour faire pression sur le candidat américain, notamment grâce au décret Montebourg, inciter une contre-offre allemande et japonaise et, au final, retenir une offre qui préserve l’intégrité d’Alstom.

Mais les équipes M&A de Citigroup ne sont pas que les artisans d’opérations surmédiatisées, ils savent également accompagner leurs clients corporates sur le long terme, dans leurs opérations structurantes comme dans leurs projets de financement. Il a ainsi accompagné Michelin lors de l’acquisition de Sascar au Brésil en juin, un bel exemple de deal cross-border, qui montre la capacité de la banque à utiliser un maillage territorial inégalé (elle est présente dans plus de 100 pays), notamment son activité dans les marchés de capitaux locaux.

Côté marchés de capitaux justement, la banque se distingue par son expertise sur les produits hybrides qui, dans un contexte de taux bas, sont adoubés, d’autant qu’ils sont considérés à 50% comme des fonds propres. Il accompagne régulièrement ses clients au long cours que sont Orange, EDF ou GDF Suez, et a même innové avec la première émission hybride dans l’hôtellerie, réalisée par Accor. Des relations de confiance et une loyauté sans faille, voilà les fondamentaux sur lesquels le professionnel aguerri fonctionne depuis de longues années. Des qualités éprouvées, qui s’appliquent au banquier comme au boxeur.

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